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15.03.2010

Jean-Luc Plé, artiste des ronds-points et pollueur visuel

Capture d’écran 2010-03-15 à 23.15.09.pngArrêtez-le ! Jean-Luc Plé, 50 ans, a trouvé le filon : construire des sculptures pour ronds-points. Le fondateur de l’art dit "giratoire" sillonne notamment la Charente-Maritime en bon VRP  de l'ignoble pour vendre aux collectivités locales ce qu'il appelle des œuvres : tonneau géant à Archiac, pommes de pain de 3 mètres de haut à Saint-Georges de Didonne, la main et l’huître à l’Eguille (photo)… Résultat : c'est à lui que l'on doit une grande partie des horreurs qui surgissent à l'entrée des villes, puisqu'il détiendrait 20% du marché. Jean-Luc Plé ne manque pas d’arguments pour vendre aux maires des petites villes ses "créations" entre 20 et 70 000 euros. Elles sont garanties « sans entretien» et ne consomment pas d’eau. Sur la plaquette commerciale de sa société, « Art Giratoires – natura viva », basée à La Rochelle, il affirme que ses produits sont beaucoup plus économiques, voire plus écologiques, qu’un simple parterre de fleurs ! Le portrait de cet imposteur de l'art public a été diffusé sur France 2, lundi 15 avril, à l’émission "Complément d’enquêtes ». A donner la nausée.


22.01.2010

Quand Monumenta s'adresse aux blogueurs

boltanski-monumenta-by-night.jpgQui connaissait Boltanski... avant Monumenta ? Mardi 19 janvier à 19h, j'ai été invitée dans le bureau de la production artistique de Monument au Grand Palais, avec une dizaine de blogueurs influents, pour participer à une réunion sur la question de la "médiation culturelle de Monumenta", autrement dit à réfléchir à la façon dont internet et les nouvelles technologies peuvent mieux faire  comprendre et connaître l'art contemporain, toujours considéré comme élitiste, voire fumiste. Une table ronde co-organisée par Charles Dufresne, journaliste à 20 Minutes, et Claire Solery, reponsable des nouveaux médias à l'agence autour de Marc Sanchez du Cnap, Directeur de la production artistique de Monumenta, et d'Aurélie Lesnous, responsable de la médiation et des publics de Monumenta.

Premier constat : la réussite de Monumenta 2010. Grâce à lui, Christian Boltanski est devenu en quelques jours "l'artiste français le plus important de la scène artistique internationale", explique Marc Sanchez. "En témoigne, la présence de Boltanski sur le plateau du 20 heures de Laurence Ferrari". La médiation directe, mise en place auprès des visiteurs, se révèle donc un succès pour l'ancien directeur des programmes du Palais de Tokyo, rappelant que ce travail s'inscrit dans la continuité de ce qu'il a toujours fait pour expliquer l'art contemporain au grand public.
Sur place, une quarantaine de médiateurs sont effectivement présents auprès des visiteurs pour les acceuillir et leur donner quelques clés pour mieux appréhender l'oeuvre de l'artiste : A quoi l'oeuvre de Boltanski fait-elle référence ? Que signifie ces amas de vêtements dispersés sur les 13 500m2 du Grand Palais ? Que va devenir l'oeuvre ? Les 32 tonnes de pulls, vestes et pantalons vont-elles être recyclées ? Que représentent ces 400 piliers rouillés ?

Comment transcrire cette médiation sur le Net ? La rencontre s'est vite transformée en séance de brainstorming entre nous. Chacun faisant des propositions pour une meilleure communication web2 : Diane Dubray, de Buzzeum, a proposé de créer un TwitterWall @monumenta et j'ai moi-même suggéré, compte tenu des très nombreuses photos prises par les visiteurs, d'inciter à du participatif sur Flickr. Des échanges relatés par Guillaume Ansanay sur son excellent blog Carpe Webem.

Une info, recueillie sur place, m'a permis d'annoncer aussitôt sur  http://twitter.com/deliredelart que les prochaines Monumenta devenues annuelles - la Force de l'art n'ayant plus  désormais lieu au Grand Palais- seraient Anish Kapoor en 2011, et Daniel Buren en 2012...

Enfin, cette table ronde passionnante m'a également donnée l'occasion de visiter l'installation "Personnes" de Christian Boltanski by night (photo). L'oeuvre y est plus minimaliste et plus solennelle, les battements du coeur plus obsédants. Elle y perd cependant sa poésie.

> A lire aussi Boltanski en viager

11.01.2010

Mona Lisa souffrait… d’un excès de cholestérol !

Monna-Lisa-by-Leonardo.jpg

L’œil gauche trop jaune n’a pas échappé à Vito Franco, chercheur à l’Université de Palerme, et spécialiste des « icono-diagnostics », une nouvelle discipline promise à un bel avenir… médiatique ! Fort de ses années d’expériences thérapeutiques, ce médecin s’est lancé dans l’étude des œuvres d’art pour réaliser, à des siècles de distance, un check-up des sujets représentés… Du genre : l’ange Gabriel de Rembrandt avait-il la grippe ou la Vierge Marie de Raphaël souffrait-elle de rhumatismes ? Et- à tout seigneur tout honneur- c’est sur Mona Lisa que s’est d’abord posé l’œil scrutateur de cet autoproclamé spécialiste es picturopaléopathologie qui prend la peinture pour un art radiologique.

Après « Mona Lisa était-elle un homme ? » « Mona-Lisa avait-elle une belle voix ? », « Mona-Lisa était-elle mère de famille nombreuse ? », voici « Monna Lisa était-elle constipée ? » La question méritait d’être posée… Cela n’expliquerait-il pas ce petit sourire crispé et lointain ? Que nenni ! D’après Vito Franco, sûr de lui, la Joconde souffrait… d’un excès de cholestérol ! Une hypercholestérolémie caractérisée par des dépôts jaunâtres au coin interne de l’oeil (xanthélasma) ou un arc blanchâtre autour de la cornée… Voilà qui, à défaut, nous fait une belle jambe !

L’homme de l’art est également implacable pour le jeune homme à la cape rouge de Boticcelli, supposé souffrir d’une maladie infectieuse due à un parasite, ou encore l’Infante Marguerite dans les Ménines de Vélasquez, victime d’un terrible goitre ! Enfin, 40 auto-portraits du peintre réaliste néerlandais Dick Ket (1902-1940) sur les 140 réalisés décrivent l’évolution d’une maladie qui dura 10 ans jusqu’à sa mort, à l’âge de 37 ans. Que dira Vito Franco des Demoiselles d’Avignon de Picasso ? On attend son verdict avec impatience…

Source : http://www.guardian.co.uk

30.08.2009

L'Olympia de Manet a faim

ANAD-Olympia.jpg
Pauvre Manet ! S'il avait su qu'un jour sa belle Olympia, si sensuelle, irait si mal ! C'est pourtant le sort peu enviable que les créatifs de l'agence Ogilvy ont réservé à la célèbre "Odalisque" peinte en 1863 par le maître impressionniste et qui avait fait tant scandale au Salon des Refusés à Paris. Aujourd'hui, cette nudité a inspiré les publicitaires pour une campagne de prévention contre l'anorexie aux Etats-Unis. Dans le magazine Beaux-Arts de septembre, Marie Darrieussecq écrit : "ici, le ruban devient garrot, le bouquet est un voeu de rétablissement et ses pétales sont plus charnus que ce qui reste de chair." Selon les chiffres du ministère de la Santé, près de 40.000 personnes seraient touchées par l'anorexie en France. Si les jeunes filles atteintes de cette redoutable maladie pouvaient ainsi se voir en ce miroir, et se sentir horrifiée par leur reflet... L'Art est un appel aus sens, au désir, à l'appétit de vivre. Souhaitons qu'il soit contagieux !

09.07.2009

Fin de chantier des Colonnes de Buren

Buren - place des terreaux.jpgDaniel Buren est satisfait. Son spectaculaire coup de gueule a bel et bien été entendu par le Ministère de la Culture : début octobre, Place du Palais Royal à Paris, ses célèbres Colonnes seront à nouveau illuminées et laisseront jaillir l'eau. Car cette oeuvre est avant tout une fontaine. "Elle devait être entretenue comme le sont toutes les fontaines de la Ville de Paris", m'a confié Daniel Buren que j'ai rencontré vendredi dernier lors d'un vernissage.

Mais l'artiste a bien l'intention d'aller plus loin et d'obtenir la même attention pour toutes ses oeuvres qu'il juge délaissées. A commencer par la Place des Terreaux, à Lyon (photo). "La place est située juste sous les fenêtres du maire de Lyon. Les fontaines sont dans un état déplorable, elles connaissent également de terribles dégradations", affirme t-il. "Heureusement, ce n'est pas une fatalité. Place des Célestins, dans le parking Lyon Parc Auto, l'oeuvre en pente hélicoïdale est aussi belle que le jour de son inauguration !"

palais-royal-buren.jpgPhoto prise le 9 juillet : les panneaux de chantier Place du Palais Royal ont été dessinés par Daniel Buren lui-même, une oeuvre à voir jusque fin septembre...

30.01.2009

L’expo « Our Body à corps ouvert » vient scandaliser Paris

diapo_bodies8.jpg

Après Lyon, Marseille, bientôt Paris ! Admirez ce magnifique système musculo-squelettique, la perfection de ce globe oculaire, l’élégance de ce métacarpe ! On se croirait… dans la Nuit des morts-vivants, ou dans une salle de dissection. Et pourtant ! Il s’agit d'une exposition qui soulève le scandale partout où elle passe et qui avait été refusée en première instance par Paris… avant d’y revenir dans un espace de la Madeleine. Oyez, oyez, bonnes gens ! Il s’agit des corps de personnes décédées, toutes d’origine chinoise, ayant –selon les organisateurs- fait don de leur corps à la science. Les cadavres ont été écorchés pour montrer l’ensemble de nos muscles, artères et autres ridules, puis conservés intacts grâce à un nouveau procédé dit de « l’imprégnation polymérique ». Avant d’être mis en scène dans toutes les positions de la vie quotidienne : sur un vélo, jouant au tennis, etc... L’initiateur n’est autre que Pascal Bernardin, organisateur de concerts (Bob Marley, U2, téléphone, The Police...). Faut-il s’en réjouir, se dire que cette exposition est dans la droite ligne des grandes démonstrations publiques passées de dépeçages (la cupidité et la mise en scène en moins à l’époque…) ? Est-ce de l’art, est-ce de la science ou une pure exhibition commerciale ? Damien Hirst aurait-il fait des émules ? On peut en douter. Un spectacle à ne pas manquer… de commenter ! Du 12 février au 23 août, à l’Espace 12 Madeleine (Paris 8e) www.ourbodyacorpsouvert.com

17.01.2009

Sur l'échiquier de José Levy, des souris empaillées

levy.jpg
Des souris et de l'art !? Galerie Emmanuel Perrotin à Paris, José Levy, designer, styliste de mode et depuis peu artiste, présente un jeu d'échec dont les pièces sont de vraies petites souris blanches... La moitié a été teinte en noir. "Les deux souris qui portent un grelot sont les fous", commente José Levy, fier de sa petite troupe de retour de chez le taxidermiste. Brrr... On frémit à cette réalisation qui se veut transgressive mais qui heurte, à mon sens, le simple respect que l'on doit aux êtres, aussi petits soit-il. Gagné ! dira l'artiste, qui s'attend bien évidemment à de telles réactions. Sur son site Internet, la galerie présente l'artiste "comme un coloriste hors pair et un tailleur au regard précis"... Qu'en pense la reine ? Diable que je n'aurais pas aimé être son modèle ! Jusqu'au 7 mars, Galerie Emmanuel Perrotin, 76, rue de Turenne Paris 3e.

14.01.2009

La France en grève s'affiche à l'entrée du Conseil de l'Europe

franceengreve.jpgLes 27 Etats membres de la Communauté européenne caricaturés par un artiste tchèque ! Le sculpteur David Černý (né en 1967), connu pour ses œuvres à scandale comme un tank russe peint en rose ou St Wenceslas chevauchant un cheval mort, était supposé demander à 27 artistes européens de représenter visuellement un cliché qui colle à la peau de leur pays respectif. Mais il s'avère que David Černý n'a pas rempli son contrait ! Il s'est accaparé la commande, réalisant seul -sans le dire- l'immense installation qui accueille les représentants européens à Bruxelles. Résultat : chaque pays en prend pour son grade ! La France arbore une banderole "en grève" (ça vous étonne ?),  l'Allemagne est recouverte d'autoroutes esquissant une croix gammée, l'Italie est transformée en un immense terrain de foot et la Grande-Bretagne est représentée... par un grand vide. Les premiers à se plaindre officiellement ont été les Bulgares, furieux de voir leur pays représenté... par des toilettes à la turque.

> En savoir plus sur David Černý

 

21.11.2008

Le buzz de l'art façon Damien Hirst

The Golden Calf ok.jpgLe 15 septembre dernier, le « bad boy » britannique de l’art contemporain, déjà auréolé du titre d’artiste le plus riche du monde, a réussi son coup de maître : organiser lui-même la vente chez Sotheby’s à Londres de 223 œuvres réalisées pour l'occasion. 139 millions d’euros récoltés, soit un record mondial ! Au grand dam de la plupart des galeristes internationaux, fous de rage d’être ainsi court-circuités. Jamais, selon la prestigieuse maison de ventes aux enchères fondée en 1744, un artiste n’avait ainsi fait un bras d’honneur aux puissants marchands d’art. Une insolence et une provocation pourtant coutumières dans la vie de cet artiste de 43 ans qui transforme en or tout ce qu’il touche. Son initiative est pourtant saluée par de jeunes galeristes avant-gardistes, comme Magda Danysz à Paris: « Contrairement à ce que l’on croit, Damien Hirst a permis de réaliser une véritable alliance entre deux marchés, celui des galeries et celui des salles de vente. Le succès n’aurait jamais été au rendez-vous si la cote de l’artiste n’était pas montée grâce au travail réalisé sur le premier marché. » Chez Sotheby’s et ailleurs, aucun artiste ne s’est encore fait connaître pour renouveler l’exploit de Damien Hirst.

> Lire l'article

 

17.07.2008

La ferme-musée de Fernand Léger laissée à l’abandon par ses héritiers

1468620483.jpg
La ferme normande de Fernand Léger (1881-1955) est à vendre. Elle se niche au creux d’un vallon, à Lisores, dans l’Orne. Le pionnier du Cubisme, très attaché à sa région natale, y a réalisé céramiques et vitraux. Un voisin se souvient encore de cette époque bénie où, enfant, il regardait, ébahi, la femme du peintre parader sur les routes de campagne au volant de belles américaines. Cette maison-atelier se visitait autrefois, on en trouve encore la trace dans les guides. Aujourd’hui, la dénicher est un véritable jeu de piste… et elle n’est plus que ruines ! Le panneau indicateur qui y conduit est rongé par les mousses, le chemin d’accès envahi d’herbes folles, la maison elle-même perdue dans les ronces et les orties. Du portail, on aperçoit juste sa façade colorée, encore magnifiquement ornée d’une fresque de l’artiste. La seule qui ait survécu. Tout le reste n’est qu’éventration et massacre. Tout a été arraché, tout a été vendu. Du moins tout ce qui pouvait être déplacé et transporté. Seule l’immense fresque n’a pu être démontée : La scène d’une vingtaine de m2 aurait sans doute pu se briser sous les violents coups de burin. Exceptionnelle, elle apparaît surréaliste dans ce décor de désolation, comme un ultime appel. Triste vestige d’un lieu mythique. Dans le village, on murmure que tout est à vendre par les héritiers, on parle même de plus d’un million d’euros. Vérité ? Rumeur ? Toujours est-il que jour après jour, la pluie, le vent et le soleil font leur œuvre… L’atelier de l’un des plus grands peintres du XXe siècle disparaît peu à peu dans l’indifférence –pire, dans l’ignorance !- générale. Que fait donc la Région dont presque tous les collèges et lycées portent le nom de Fernand-Léger ? Pourquoi l’Etat laisse t-il ce précieux morceau de notre patrimoine se délabrer ? Le cœur serré, on lance un dernier regard à cette maison abandonnée de tous en regrettant de n’être pas mécène.

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