14/04/2011
16 idées reçues sur l'art contemporain
L’art contemporain se résume à la provocation et à la violence. Mon fils de 5 ans peut en faire autant. Il est impossible de prédire les artistes qui resteront. … Voici quelques unes des idées reçues auxquelles Isabelle de Maison Rouge, historienne de l’art, répond à travers un petit livre revigorant publié aux Editions Le Cavalier Bleu. 110 pages pour répertorier, dénoncer et décrypter les « prêt-à-penser » du tout un chacun mais aussi du petit monde de l’art d’aujourd’hui. Parmi l’idée reçue la plus tenace, celle selon laquelle l’art serait réservé à une élite. Les 500 000 visiteurs qui se sont pressés en 2010 pour voir la rétrospective Soulages au Centre Pompidou ont-ils le sentiment d'appartenir à une élite ? « C’est en se frottant à l’art contemporain que l’on peut tenter de se forger une opinion », déclare la critique d’art. Isabelle de Maison Rouge s’est notamment fait connaître en 2004 avec « Mythologies personnelles », un livre consacré aux obsessions intimes d’une douzaine d’artistes (expression d’une souffrance, souvenirs d’enfance, recherche d’identité…). Malin et initiatique.
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15/03/2010
Jean-Luc Plé, artiste des ronds-points et pollueur visuel
Arrêtez-le ! Jean-Luc Plé, 50 ans, a trouvé le filon : construire des sculptures pour ronds-points. Le fondateur de l’art dit "giratoire" sillonne notamment la Charente-Maritime en bon VRP de l'ignoble pour vendre aux collectivités locales ce qu'il appelle des œuvres : tonneau géant à Archiac, pommes de pain de 3 mètres de haut à Saint-Georges de Didonne, la main et l’huître à l’Eguille (photo)… Résultat : c'est à lui que l'on doit une grande partie des horreurs qui surgissent à l'entrée des villes, puisqu'il détiendrait 20% du marché. Jean-Luc Plé ne manque pas d’arguments pour vendre aux maires des petites villes ses "créations" entre 20 et 70 000 euros. Elles sont garanties « sans entretien» et ne consomment pas d’eau. Sur la plaquette commerciale de sa société, « Art Giratoires – natura viva », basée à La Rochelle, il affirme que ses produits sont beaucoup plus économiques, voire plus écologiques, qu’un simple parterre de fleurs ! Le portrait de cet imposteur de l'art public a été diffusé sur France 2, lundi 15 avril, à l’émission "Complément d’enquêtes ». A donner la nausée.
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17/02/2010
Halte à la France moche !
"Halte à la France moche !" Tel est le titre réjouissant de l'enquête menée par Xavier de Jarcy et Vincent Rémy sur l'urbanisme à la française dans le Télérama de cette semaine. Un coup de gueule salutaire à la pollution visuelle que nous subissons depuis des années dans notre pays... et l'occasion pour moi d'illustrer mon billet par l'une des pires horreurs jamais croisées sur mon chemin : les conglomérats en briques et béton situés square Auguste Balagny, Porte de Champerret à Paris (17e). Impossible de vous dire qui en est l'auteur, l'oeuvre n'est pas signée. Mais y a-t-il seulement un artiste derrière cette inepte réalisation ?
"Tous les 10 ans, l'équivalent d'un département français disparaît sous le béton, le bitume, les panneaux, la tôle", affirme l'enquête, plus centrée sur les zones industrielles que sur l'art. Ainsi, depuis la loi Pasqua de 1998, tout citoyen doit se trouver à moins de 45 minutes d'une entrée ou d'une sortie d'autoroute. La campagne disparaît au profit des zones et leurs hypermarchés. Et je ne résiste pas au plaisir de vous ensevelir sous une coulée de chiffres : nous comptions 174 kilomètres d'autoroutes en 1960, 5 000 en 1980, près de 12 000 en 2010 ; 2 hypermarchés en 1960, 400 en 1980, 1 400 en 2010. Enfin, le fameux carrefour giratoire, dit "rond-point anglais", adopté par la France en 1984 et qui fait désormais la fierté de la moindre commune digne de ce nom, a proliféré : plus de 30 000, soit la moitié du total mondial... et trois fois plus qu'au Royaume-Uni. Cocoricouac !
Côté état des lieux, ne manquez pas un autre inventaire, beaucoup plus revigorant celui-là : le photographe et réalisateur Raymond Depardon expose son "état de la France" réalisé depuis 2004. Près de 150 tirages d'oeuvres monumentales présentés à la BNF de Septembre 2010 à Février 2011. Instructif ! Si vous aussi vous détenez dans vos tiroirs de belles photos de ce qui pourrait ressembler à une oeuvre d'art... mais qui n'est qu'une horreur, n'hésitez pas à me les envoyer à l'adresse alexia@deliredelart.com. J'en publierai un portfolio...
22:49 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : laid, beau
22/01/2010
Quand Monumenta s'adresse aux blogueurs
Qui connaissait Boltanski... avant Monumenta ? Mardi 19 janvier à 19h, j'ai été invitée dans le bureau de la production artistique de Monument au Grand Palais, avec une dizaine de blogueurs influents, pour participer à une réunion sur la question de la "médiation culturelle de Monumenta", autrement dit à réfléchir à la façon dont internet et les nouvelles technologies peuvent mieux faire comprendre et connaître l'art contemporain, toujours considéré comme élitiste, voire fumiste. Une table ronde co-organisée par Charles Dufresne, journaliste à 20 Minutes, et Claire Solery, reponsable des nouveaux médias à l'agence autour de Marc Sanchez du Cnap, Directeur de la production artistique de Monumenta, et d'Aurélie Lesnous, responsable de la médiation et des publics de Monumenta.
Premier constat : la réussite de Monumenta 2010. Grâce à lui, Christian Boltanski est devenu en quelques jours "l'artiste français le plus important de la scène artistique internationale", explique Marc Sanchez. "En témoigne, la présence de Boltanski sur le plateau du 20 heures de Laurence Ferrari". La médiation directe, mise en place auprès des visiteurs, se révèle donc un succès pour l'ancien directeur des programmes du Palais de Tokyo, rappelant que ce travail s'inscrit dans la continuité de ce qu'il a toujours fait pour expliquer l'art contemporain au grand public.
Sur place, une quarantaine de médiateurs sont effectivement présents auprès des visiteurs pour les acceuillir et leur donner quelques clés pour mieux appréhender l'oeuvre de l'artiste : A quoi l'oeuvre de Boltanski fait-elle référence ? Que signifie ces amas de vêtements dispersés sur les 13 500m2 du Grand Palais ? Que va devenir l'oeuvre ? Les 32 tonnes de pulls, vestes et pantalons vont-elles être recyclées ? Que représentent ces 400 piliers rouillés ?
Comment transcrire cette médiation sur le Net ? La rencontre s'est vite transformée en séance de brainstorming entre nous. Chacun faisant des propositions pour une meilleure communication web2 : Diane Dubray, de Buzzeum, a proposé de créer un TwitterWall @monumenta et j'ai moi-même suggéré, compte tenu des très nombreuses photos prises par les visiteurs, d'inciter à du participatif sur Flickr. Des échanges relatés par Guillaume Ansanay sur son excellent blog Carpe Webem.
Une info, recueillie sur place, m'a permis d'annoncer aussitôt sur http://twitter.com/deliredelart que les prochaines Monumenta devenues annuelles - la Force de l'art n'ayant plus désormais lieu au Grand Palais- seraient Anish Kapoor en 2011, et Daniel Buren en 2012...
Enfin, cette table ronde passionnante m'a également donnée l'occasion de visiter l'installation "Personnes" de Christian Boltanski by night (photo). L'oeuvre y est plus minimaliste et plus solennelle, les battements du coeur plus obsédants. Elle y perd cependant sa poésie.
> A lire aussi Boltanski en viager
12:08 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : monumenta, christian boltanski
11/01/2010
Mona Lisa souffrait… d’un excès de cholestérol !

L’œil gauche trop jaune n’a pas échappé à Vito Franco, chercheur à l’Université de Palerme, et spécialiste des « icono-diagnostics », une nouvelle discipline promise à un bel avenir… médiatique ! Fort de ses années d’expériences thérapeutiques, ce médecin s’est lancé dans l’étude des œuvres d’art pour réaliser, à des siècles de distance, un check-up des sujets représentés… Du genre : l’ange Gabriel de Rembrandt avait-il la grippe ou la Vierge Marie de Raphaël souffrait-elle de rhumatismes ? Et- à tout seigneur tout honneur- c’est sur Mona Lisa que s’est d’abord posé l’œil scrutateur de cet autoproclamé spécialiste es picturopaléopathologie qui prend la peinture pour un art radiologique.
Après « Mona Lisa était-elle un homme ? » « Mona-Lisa avait-elle une belle voix ? », « Mona-Lisa était-elle mère de famille nombreuse ? », voici « Monna Lisa était-elle constipée ? » La question méritait d’être posée… Cela n’expliquerait-il pas ce petit sourire crispé et lointain ? Que nenni ! D’après Vito Franco, sûr de lui, la Joconde souffrait… d’un excès de cholestérol ! Une hypercholestérolémie caractérisée par des dépôts jaunâtres au coin interne de l’oeil (xanthélasma) ou un arc blanchâtre autour de la cornée… Voilà qui, à défaut, nous fait une belle jambe !
L’homme de l’art est également implacable pour le jeune homme à la cape rouge de Boticcelli, supposé souffrir d’une maladie infectieuse due à un parasite, ou encore l’Infante Marguerite dans les Ménines de Vélasquez, victime d’un terrible goitre ! Enfin, 40 auto-portraits du peintre réaliste néerlandais Dick Ket (1902-1940) sur les 140 réalisés décrivent l’évolution d’une maladie qui dura 10 ans jusqu’à sa mort, à l’âge de 37 ans. Que dira Vito Franco des Demoiselles d’Avignon de Picasso ? On attend son verdict avec impatience…
Source : http://www.guardian.co.uk
12:48 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : monna lisa
30/08/2009
L'Olympia de Manet a faim

15:50 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25/08/2009
Pourquoi les oeuvres des autoroutes sont-elles si laides ?

L'art des autoroutes ! Voilà longtemps que je m'étais promis, malgré ma furieuse envie d'excès de vitesse à sa simple vue, de m'intéresser à cette oeuvre que des millions d'automobilistes ont dans leur champ de vision dès qu'ils descendent vers le Sud ! Profitant de ma route des vacances, et aussitôt franchi le péage de Fleury-en-Biere (Seine et Marne) sur l'autoroute A6, j'ai donc fait un arrêt pour regarder de plus près ce qui ressemble à des pâtés d'écolier laissés sur un cahier à gros carreaux. Renseignements pris, cette fresque a été imaginée par le peintre yougoslave Djoka Ivackovic (né en 1930) et réalisée par le maître céramiste Alain Girard en 1991. Du carrelage grand format. Représentant du courant de l'abstraction lyrique, j'ai ainsi découvert qu'Ivackovic est connu pour peindre exclusivement sur des formats carrés. Le fond blanc y est apparent, et chaque peinture est exécutée en une seule séance de travail. "Ces repères précis et intangibles sont la seule géométrie que s'impose l'artiste, ils isolent la peinture et renforcent la vivacité de l'émotion qu'elle véhicule", lit-on sur le site de la Collection Société Générale. "Véhicule"... le mot est bien trouvé... Dkoka Ivakovic est l'un des nombreux artistes à avoir bénéficié du décret du 1% aux investissements routiers instauré en 1982. Faut-il s'en réjouir ? C'est malheureusement ce genre d'oeuvres qui fait croire au plus grand nombre que l'art contemporain n'a pas de sens.
22:00 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
09/07/2009
Fin de chantier des Colonnes de Buren
Daniel Buren est satisfait. Son spectaculaire coup de gueule a bel et bien été entendu par le Ministère de la Culture : début octobre, Place du Palais Royal à Paris, ses célèbres Colonnes seront à nouveau illuminées et laisseront jaillir l'eau. Car cette oeuvre est avant tout une fontaine. "Elle devait être entretenue comme le sont toutes les fontaines de la Ville de Paris", m'a confié Daniel Buren que j'ai rencontré vendredi dernier lors d'un vernissage.
Photo prise le 9 juillet : les panneaux de chantier Place du Palais Royal ont été dessinés par Daniel Buren lui-même, une oeuvre à voir jusque fin septembre...
17:52 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : daniel buren
30/01/2009
L’expo « Our Body à corps ouvert » vient scandaliser Paris

Après Lyon, Marseille, bientôt Paris ! Admirez ce magnifique système musculo-squelettique, la perfection de ce globe oculaire, l’élégance de ce métacarpe ! On se croirait… dans la Nuit des morts-vivants, ou dans une salle de dissection. Et pourtant ! Il s’agit d'une exposition qui soulève le scandale partout où elle passe et qui avait été refusée en première instance par Paris… avant d’y revenir dans un espace de la Madeleine. Oyez, oyez, bonnes gens ! Il s’agit des corps de personnes décédées, toutes d’origine chinoise, ayant –selon les organisateurs- fait don de leur corps à la science. Les cadavres ont été écorchés pour montrer l’ensemble de nos muscles, artères et autres ridules, puis conservés intacts grâce à un nouveau procédé dit de « l’imprégnation polymérique ». Avant d’être mis en scène dans toutes les positions de la vie quotidienne : sur un vélo, jouant au tennis, etc... L’initiateur n’est autre que Pascal Bernardin, organisateur de concerts (Bob Marley, U2, téléphone, The Police...). Faut-il s’en réjouir, se dire que cette exposition est dans la droite ligne des grandes démonstrations publiques passées de dépeçages (la cupidité et la mise en scène en moins à l’époque…) ? Est-ce de l’art, est-ce de la science ou une pure exhibition commerciale ? Damien Hirst aurait-il fait des émules ? On peut en douter. Un spectacle à ne pas manquer… de commenter ! Du 12 février au 23 août, à l’Espace 12 Madeleine (Paris 8e) www.ourbodyacorpsouvert.com
17:14 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note | Tags : scandale
17/01/2009
Sur l'échiquier de José Levy, des souris empaillées

23:22 Publié dans Art en débat | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : josé levy, emmanuel perrotin






















