26.04.2010
Mark Dion face à Jules César à Arles
Juxtaposition inédite entre réalité institutionnelle et fiction artistique au Musée départemental Arles antique. Au rez-de-chaussée, le buste grandeur nature de Jules César repêché dans le Rhône en mai 2008. La sculpture a été réalisée du vivant de l’empereur tandis qu’il fondait la ville d’Arles en 46 av J-C. Au premier étage, le résultat des fouilles créatives de l’artiste américain Mark Dion, 49 ans. Non pas des artefacts romains, fibules ou jarres aux formes diverses mais des cannettes de coca et des tessons de bouteille découverts dans le Rhône et ses rives, des objets chinés et des pièces extraites de la cave du musée. Une scénographie surprenante pour le visiteur venu voir Jules César et qui découvre cette œuvre par hasard.
L’installation de Mark Dion est composée d’un cabinet de curiosités et d’un laboratoire de recherche plus réalistes que nature. Tour à tour archéologue, généticien, botaniste ou même entomologiste, Mark Dion explique avoir cherché à condenser le musée en un seul tableau. Stockage, archivage, outils scientifiques, check-lists utopiques, parodies d’expériences, taxonomies suspectes… le visiteur s’amuse à détailler chaque objet de ce cabinet de curiosités insolite. « Mon œuvre instaure une distance entre les scientifiques et les musées, entre les expositions et les publics. » Une exposition ironique à voir à Arles, Presqu'île du Cirque Romain, jusqu’au 19 septembre.

09:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mark dion
16.04.2010
La Tour ArcelorMittal Orbit d’Anish Kapoor déstabilise les Londoniens
115 mètres de haut, soit 22 mètres de plus que la statue de la liberté, la structure monumentale d'acier asymétrique imaginée par l’artiste britannique d’origine indienne Anish Kapoor dans le cadre des JO 2012 de Londres, ne fait pas l’unanimité parmi les Londoniens. L’oeuvre symbolise « l’instabilité de notre monde », commente l’artiste, lauréat en 1991 du Turner Prize qui récompense le nec plus ultra de la jeune création. Pour évoquer cet amas d'anneaux brisés entrelacés, certains parlent déjà d’une « grue déglinguée » ou d’un « trombone mutant géant ».Le monument, qui s'appellera l'ArcelorMittal Orbit, a coûté 18 millions d'euros à Lakshmi Mittal, président du groupe sidérurgique ArcelorMittal, magnat indien de l'acier, l’homme le plus riche résidant en Grande-Bretagne. Rappelons qu’Anish Kapoor sera l’invité de Monumenta en mai 2011, au Grand Palais.
> Voir l'interview d'Anish Kapoor à la BBC
17:47 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : anish kapoor
09.04.2010
Plongée en apnée dans l'oeuvre du Chilien Nicolas Rupcich

« Big pool », la vidéo de l'artiste chilien de 29 ans Nicolas Rupcich nous plonge - la tête la première - dans la piscine de nos rêves. Son film documentaire est projeté jusqu’au 9 mai à l’Espace Louis Vuitton à Paris dans le cadre d’une exposition sur l’art contemporain chilien consacrée à « l’envers du décor ». Que se cache t-il derrière cette image paradisiaque ? Une grande étendue d’azur ! Inaugurée en janvier 2008, dans la station balnéaire très huppée d'Algarrobo au Chili, cette piscine privée géante longue de 1km, telle une lagune artificielle, a été créée à 100 mètres des eaux froides et agitées du Pacifique, dont elle n'est séparée que par une plage de sable fin. Elle est réservée à l’usage exclusif des clients de l’hôtel. La vidéo balaie en plus de 6 minutes l’impressionnant paysage à un rythme lent quasi thérapeutique. On y voit un homme debout tapotant le fond de la piscine avec une longue perche, un couple se tenant la main sur la plage seul face à l’immensité du complexe hôtelier, un palmier et quatre chaises longues libres… En fond sonore, le bruit incessant du claquement des vagues sur la plage. Nicolas Rupcich nous livre ici, comme à son habitude, son regard ironique sur notre société de consommation prête à tout pour satisfaire les fantasmes de certains.
> Voir la vidéo de Nicolas Rupcich www.rupcich.cl
16:16 Publié dans Art en Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : video
07.04.2010
Jeff Koons va t-il nous embarquer dans sa BMW M3 GT2 ?
En Pole position, le sculpteur américain Jeff Koons signe le 18ème véhicule du programme BMW Art Car, une M3 GT2. La voiture de course sera présentée le 1er juin à Paris au Centre Pompidou avant d’être alignée au départ des 24 Heures du Mans le 13 juin prochain. La dernière Art Car du constructeur allemand remontait à 1999 (proto V12 LMR, par Jenny Holzer). Elle prendra ainsi le relais de la 3.0 CSL revue par Alexander Calder et des créations signées Roy Lichtenstein ou Frank Stella. La BMW M3 GT2 de Jeff Koons fera t-elle aussi forte impression que la BMW M1 d’Andy Warhol en 1979 ? Jeff Koons se déclare prêt à se « connecter », par le biais artistique, à cette notion de puissance. Face à cet égo de compétition, attention qu’il ne s’envole pas !
> Téléchargez le fond d'écran Jeff Koons aux couleurs de la M3 GT2

19:00 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jeff koons
02.04.2010
Le crocodile de Guillaume Renou a les crocs
Gueule ouverte, prête à mordre… le Crocodile est depuis plusieurs mois au centre d’une lutte féroce entre le plasticien Guillaume Renou et la mairie de Bordeaux. Le jeune sculpteur bordelais, âgé de 32 ans, a réalisé cette œuvre « dentesque » dans le cadre d’une exposition collective qui s’est déroulée l’année dernière, de mai à août. Installée dans les jardins de l’Hôtel de Ville, cette sculpture a également participé au festival d’art contemporain Evento en octobre. En inox poli et verre coloré, mesurant 8 mètres de haut et pesant quelque 1 846 kilos, elle ne passe pas inaperçue. Mais ces « Dents de Juppé », comme les ont surnommées les Bordelais du nom de leur célèbre édile aux dents longues, sont désormais enlisées dans un marigot juridique. En cause : un différend financier opposant l’artiste à la ville sur le coût de l’œuvre et sur des dégâts qui lui auraient été infligés. Philippe Renou, qui a financé ce projet à l’aide de deux mécènes, estime son prix à 100 000 euros alors que la Ville ne lui en aurait remis que le Xe, soit 10 000 euros. De son côté, la mairie en appelle au résultat d’une expertise juridique qui ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois. En attendant, l’artiste a mis la tête de son Croco à prix : 300 000 euros. Avis aux acquéreurs !
22:54 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : bordeaux






















