31.05.2010
Hommage à Louise Bourgeois (1911-2010)
Louise Bourgeois est décédée aujourd'hui à New York à l'âge de 98 ans. Figure majeure de l'art contemporain, elle nous laisse une oeuvre tentaculaire. « Il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire », confiait-elle dans son journal intime. Admise à l’École des Beaux-arts de Paris, elle y fit un bref passage, préférant étudier auprès des artistes eux-mêmes. Ses premiers dessins prirent la femme pour modèle, mêlant le corps à l'architecture, l'organique au géométrique : buste en brique, cage thoracique en forme d'escaliers ou de portes… Mais le fil rouge de son œuvre restera le phallus et l'araignée, qu’elle sculptera à l’envie.
Installée à New York depuis l'âge de 27 ans, elle y a poursuivi une brillante carrière. Une première rétrospective au célèbre musée d’art moderne de New York MoMa (Museum of Modern Art) lui a été consacrée pour ses 71 ans. En 1999, à 88 ans, elle a reçu un Lion d'or à la Biennale de Venise pour l’ensemble de son oeuvre. La fondation Emilio e Annabianca Vedova préparait à Venise une exposition intitulée intitulée « Louise Bourgeois. The Fabric Works ».
Un documentaire sur Louise Bourgeois de Marion Cajori et Amei Wallach intitulé "L'Araignée, la Maîtresse et la Mandarine" sorti 2009, est à nouveau programmé dans 3 salles parisiennes à partir du 9 juin : L'Accatone, l'Entreprôt et le Reflet-Médicis
Photo credit : San Francisco Chronicle
23:20 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : louise bourgeois
26.05.2010
Bienvenue dans l'univers ludique de Takeshi Kitano à la Fondation Cartier
Le petit théâtre de marionnettes Ô-Edo s'anime sous les yeux complices des jeunes spectateurs. Certains enfants dansent bras en l’air, d’autres s’imaginent dans la peau des méchants dragons… Le réalisateur japonais Takeshi Kitano a imaginé une exposition interactive, ludique, joyeuse à découvrir jusqu’au 12 septembre. Lever de rideau ! La carte blanche de la Fondation Cartier a permis à l’auteur du célèbre film Hana-bi (1997), Lion d'Or à Venise en 1997, de laisser libre cours à son imagination. L'exposition s’intitule « Gosse de peintre, Beat Takeshi Kitano » en référence à son père, peintre en bâtiment. Une petite revanche sur la qualification de peintre… Pour l’occasion, Takeshi Kitano a réalisé 24 tableaux colorés et naïfs au rythme d’une toile par jour.
Samedi 22 mai, dans l’après-midi, une dizaine d’enfants profitaient d’une visite en famille sur réservation. Découverte de la boule à peindre inspirée du « dripping » de Jackson Pollock. Plus loin, des poissons disséqués ventre à l’air montrent des alignements de sushis. Salle suivante, « La tour de Hanoi » : un jeu inventé au XIXe siècle par un mathématicien francais et pratiqué, selon Kitano, par « des moines bouddhistes pour les aider dans leur méditation ». « Écoutez les sons et dessinez ce qu'ils vous évoquent ». Écouteurs, feuilles aimantées et marqueurs colorés sont mis à la disposition du public. Une fois l'inspiration venue, les feuilles sont collées sur une parois blanche et deviennent partie intégrante de l'exposition.
> Plus d'infos sur "Beat Takeshi Kitano" à la Fondation Cartier
16:32 Publié dans Sorties enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : takeshi kitano, japon, video
23.05.2010
Lequel de ces deux paysages a remporté un grand prix d'art contemporain ?
C'est le retour en force de la... copie ! L'une de ces deux toiles a remporté en avril dernier l'un des plus prestigieux prix d'art contemporain en Australie récompensant chaque année la meilleure représentation d'un paysage australien. Stupeur ! Même sans y regarder de très près, elle présente des similitudes frappantes avec l'oeuvre d'un peintre néerlandais du XVIIe siècle, ci-contre.> Jeu de la devinette : Quelle est l'oeuvre peinte en 2010 et celle en 1660 ? Le paysage de gauche ou celui de droite ?
15:27 Publié dans Jeu de la devinette | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jeu de la devinette
11.05.2010
J'ai rencontré la designeuse Constance Guisset pour Rosebuzz
Elue Designer 2010 au salon « Now ! Design à vivre », Constance Guisset, 33 ans, est une illusionniste. Sous ses doigts, les objets de tous les jours semblent s’animer d’une vie secrète, posés en équilibre entre le rêve et la réalité, sortis de l’imaginaire pour remplir leur fonction quotidienne. Toute son œuvre est traversée par la surprise, de l’aquarium-cage à oiseaux au lustre-cabane en passant par le fauteuil à la robe flottante. A Paris, du 9 au 30 juin, Constance Guisset signe à l’occasion des Designer’s Days les vitrines du Lafayette Maison et prépare la scénographie de l’exposition « Petites et grosses bêtes » au musée des arts décoratifs du 17 juin au 17 octobre.
> Découvrez la rencontre en vidéo sur www.rosebuzz.com
09:00 Publié dans Art en Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : design
09.05.2010
I Park Art : 1er Flashmob artistique dans les parkings à Paris
Après Milan et Rome, le 22 mai, une action de guérilla créative est prévue à Paris. Objectif : occuper temporairement les parkings publics, non pour stationner sa voiture mais pour exposer une oeuvre d’art. Une opération visant la ré-appropriation de l’espace public par l’action artistique. "Achète ta place et expose ton art !", peut-on lire sur le site www.parkart.tk.
Chaque artiste organise son espace, il se pose et se déplace sans retenue, en créant la surprise et en déclarant avec vigueur son existence. Lancé par l'artiste italien Mattia Paco Rizzi, en résidence en France, I Park Art est souvent prétexte à des performances qui impliquent les citoyens et les passants. Vous serez prévenus !
23:31 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Des pailles en plastique recyclées par Rodrigo Almeida
Du design coloré et joyeux à la galerie Fat, à Paris ! De quoi réjouir toutes celles et tous ceux qui, comme moi, se laissent emporter par cette créativité enjouée... et chagriner (une nouvelle fois !) les autres, ceux qui estiment que l'Art se place bien au dessus de ces médiocrités marketing. Qu'importe ! Dans Délire de l'Art, il y a aussi art, avec ce petit a si jouissif qui rend la vie si belle ! Voilà donc le designer brésilien Rodrigo Almeida, 35 ans, exposant une dizaine de meubles dont une série de chaises métissées. Couleurs hyper-saturées, structures visibles envahies par différentes couches de matières, plastiques recyclés, textiles mêlés... L'artiste rend ouvertement hommage aux designers et plasticiens brésiliens Tunga, Beatriz Milhases, Ernesto Neto mais aussi aux frères Campana qui dit-il "comprennent, respectent, et approfondissent leur propre culture".
A découvrir, jusqu'au 15 mai, un bel ornement exposé au mur (photo) appelé "cocar". Autrefois fabriqué à partir de plumes de couleur, le cocar est un ornement cérémonial des indigènes brésiliens. La chasse aux oiseaux étant très contrôlée en Amazonie, les cocars sont désormais réalisés avec des pailles en plastique. Rodrigo Almeida s'en est inspiré. Tradition et créativité.
> Plus d'infos sur www.fatgalerie.com

16:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : design
07.05.2010
Guillaume Bresson a la rage d’un Caravage

"C'est plus le mouvement que la violence qui m'intéresse. Et dans la violence, c'est la chorégraphie", confie Guillaume Bresson, diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2007. Remarqué à Bruxelles en 2009 lors d’une exposition à la galerie « Sorry we’re closed », Guillaume Bresson est le grand lauréat 2010 du Prix Sciences Po pour l’art contemporain.
Félicitations à ce Toulousain de 27 ans qui peint les violences urbaines avec un talent évident. Guillaume Bresson qui a la rage d’un Caravage s’inspire des compositions de Nicolas Poussin. Vent de furie à la lueur des réverbères, sous les reflets bleutés des gyrophares et des flammes vibrantes des voitures incendiées. Scène de rixe dans un parking désert. Coups et blessures... Guillaume Bresson ne laisse pas indemne, et cela fait du bien !

23:20 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : guillaume bresson, caravage
03.05.2010
Mireille Loup : on veut « encore des bisous » et des vidéos !
Drôle, implacable, cruelle parfois… Mireille Loup, 40 ans, n’a pas fini de nous surprendre. Elle vient de mettre en ligne sur www.mireilleloup.com l’ensemble de ses vidéos. 16 ans de regards décalés sur sa vie, la société, la relation à l’autre. De l’excellente trilogie « Henri » (1994-1999) dans laquelle Mireille Loup se met en scène dans la peau d’une dizaine de personnages, de la « pauvre fille » amoureuse à la pire des « chiennes » : rencontre avec Henri, la vie avec Henri, la séparation. On la retrouve dans « Mettons-nous à table », avec au menu des relations humaines : disputes, médiocrité, et complicité. A 30 ans, Mireille Loup écrit et filme « Une femme de trente ans ». Lors de sa grossesse en 2006, elle réalise les réjouissantes chroniques de « Grosse ». Entre inquiétudes et idées reçues, et un corps qui devient de plus en plus lourd. A la fois truculent et lucide. On se délecte de la retrouver dans « Banane et Petit Suisse » deux ans plus tard, à travers le décor aseptisé d’un salon. La vidéo est montrée sur écran plat, au fond d’un parc pour enfant en bois blanc. Le spectateur se penche et s’accoude sur le parc enfant pour pouvoir regarder les images…
En 2009, Mireille Loup imagine « Mem », un dispositif photographique et audiovisuel autour de la maternité. La vidéo « Encore des bisous », montrant un garçon de deux ans réclamer des bisous en boucle, est placée en face de « La bouchée », où ce même petit ange avale goulument et au ralenti quelque chose que l’on ne distingue pas. Ce dispositif vidéo est au centre de vingt-deux photomontages poétiques de grand formats. « Mem » a été présenté en février dernier à Shangai lors d’une résidence, invitation de la galeriste Magda Danysz qui représente l’artiste. Un mois plus tard, les vidéos étaient diffusées dans le festival Hors d’œuvre à Shanghai. Par leur esthétisme, les deux vidéos font référence aux images extrêmement blanches, telles des linceuls, de la série photographique « Mem ». Elles évoquent les deux conditions à l’épanouissement de l’enfant, qui ont fait l’objet de plusieurs recherches médicales et sociologiques, notamment auprès des grands prématurés et des orphelins : le besoin pour un enfant d’être nourri, et celui d’être aimé.
En 2010, à travers « Epoque 2009 », Mireille Loup se replonge dans le genre des films muets pour parodier notre société. Faisant référence à la crise économique de 2009, elle parle des nouveaux pauvres et du retour aux petits métiers (en cours de remasterisation). A ne pas manquer, la prochaine exposition de Mireille Loup chez Circa dans la cadre du Off des Rencontres d’Arles, où elle montrera un extrait de « Mem ».
15:22 Publié dans Art en Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : video, mireille loup

























