24.01.2011
Isaac Salazar : des livres et des mots à lire et à voir
Qu’est-ce qui pousse Isaac Salazar à plier les pages de ses livres ? L’amour des mots et la passion de l’origami. Depuis deux ans, le designer américain réalise de véritables sculptures, des pièces uniques produites dans les règles de cet art japonais datant de l'ère Edo (1603─1867) et consistant à réaliser des objets et des animaux à partir de pages de papier pliées - le mot origami vient du verbe japonais, oru (折る, plier) et du nom kami (紙, papier). Chaque œuvre est vendue entre 40 et 80 euros sur la boutique Etsy.com, première communauté internationale dédiée au fait-main et à l’artisanat d’art.

23:17 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.01.2011
Le sulfureux Oliviero Toscani sur la scène du Paris des Chefs

Et voilà le retour d’Oliviero Toscani, photographe connu pour ses publicités choc pour Benetton, dont la dernière campagne vient à nouveau de susciter le scandale. Son calendrier publicitaire 2011 est entièrement composé de clichés de sexes féminins. Une douzaine de pubis roux, bruns, blonds… de toutes les formes et de toutes les couleurs. Après la campagne montrant un homme atteint du Sida en phase terminale entouré de ses proches, des homosexuels s’embrassant goulument, ou encore en 2007, Isabelle Caro exposée nue dans un message contre l’anorexie… Oliviero Toscani réussit son coup médiatique.
Pourtant, son acte créatif est bien faible ! Il n’est pas le premier photographe à chercher à tirer profit d’une comparaison obscène avec Courbet et l’Origine du monde (1866), dont la portée est évidemment autrement révolutionnaire. Que l’on songe à Gérard Zwang et son Atlas du sexe féminin, publié en 1967, ou au photographe niçois Henri Maccheroni (né en 1932), fondateur de la Villa Arson. De 1969 à 1974, Maccheroni a photographié près de 2 000 sexes de femmes en noir et blanc. Une série intitulée « vulves » dont j’avais édité une dizaine de clichés en 1996 dans la revue littéraire et artistique Cargo. Mais Toscani ne s’inscrit pas dans cette ligne. Réalisée à la gloire de l’Association Italienne des Artisans du Cuir, champion de la tannerie, il ne met nullement en scène le corps de la femme, bien au contraire, il le soustrait et le réduit à sa simple expression d’objet exposé au regard. Un « cliché » au sens ironique du terme, dont Jean-Michel Ribes avait déjà su si bien se moquer, en le retournant, dans son film drolissime « Musée haut, Musée bas » (2007) avec l’exposition d’une centaine de photographies de pénis inaugurée par un André Dussolier-Jack Lang snob à souhait.
Dimanche 23 janvier, « Le roi de la provoc’» sera à Paris au salon Maison et Objet où il accompagnera en duo le chef étoilé Davide Scabin, propriétaire du restaurant Combal Zero situé dans un centre d’art contemporain de Rivoli (près de Turin).
> Rendez-vous à 16h : Food + Design, Paris des Chefs (Villepinte)
15:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.01.2011
Louise Bourgeois, Eugénie Grandet et moi... à la Maison Balzac
Quel rapport entre Louise Bourgeois et Eugénie Grandet, le personnage du célèbre roman éponyme de Balzac ? Les broderies auxquelles l’artiste franco-américaine travaillait peu avant sa disparition, en mai 2010, en hommage à la jeune héroïne du XIXe siècle. Louise Bourgeois les destinait à la Maison Balzac, qui les présente jusqu’au 6 février.
« Eugénie est le prototype de la femme qui ne s’est pas réalisée », confiait l’artiste, fascinée par ce destin écrasé par un père avare et faux. Une figure paternelle déplorable, assez similaire à celle que Louise Bourgeois se faisait de son propre géniteur. « Cela aurait pu être le roman de ma vie. Elle est dans l’impossibilité de s’épanouir. Son destin est celui d’une femme qui n’a jamais eu l’occasion d’être une femme… ».
En choisissant la broderie, technique féminine par excellence, Louise Bourgeois réaffirme avec humour son parcours de combattante pour la cause des femmes. Par son intermédiaire, elle s’identifie à cette jeune femme
par-delà le siècle. Mais c’est aussi pour elle une façon de rappeler un souvenir plus personnel, celui de sa mère, tisserande : fleurs champêtres en tissus, compositions abstraites en boutons nacrés… Un art de l’intime, en accord avec le cadre bucolique de la Maison de Balzac située au cœur de l’ancien village de Passy, où l’écrivain séjourna de 1840 à 1847. Maison Balzac, 47 rue Raynouard à Paris.
(Courtesy Cheim & Read, Hauser & Wirth and Galerie Karsten Greve - Photo: Christopher Burke © Louise Bourgeois Trust, ADAGP)
22:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : louise bourgeois
14.01.2011
Richard Fauguet, le beau joueur du Prix Marcel Duchamp

Le musée d’art moderne et contemporain de Strasbbourg a eu une excellente idée : rassembler plus de 40 créateurs qui, tous, ont pour point commun d’avoir été récompensés ou nominés au fameux prix Marcel Duchamp, qui fête cette année ses 10 années d’existence. Organisé par l’Association pour la Diffusion Internationale de l'Art Français, ce Prix est décerné à l’occasion de la FIAC et récompense un artiste français ainsi propulsé sur le devant de la scène. A la clé, 35 000 euros, une expo à Beaubourg et la perspective de voir son nom atteindre le grand public. Parmi eux, Cyprien Gaillard, bien sûr, le lauréat 2010 (lire mon post en date du 24 octobre 2010) mais aussi Céleste Boursier Mougenot, Michel Blazy, Gilles Barbier, Philippe Ramette, Carole Benzakem ou encore Tatiana Trouvé. Mais cette exposition offre surtout l’occasion de rendre hommage à des artistes moins célébrés, comme Richard Fauguet, 48 ans, qui, par deux fois nominé, n’a encore jamais été couronné de ces lauriers. Découvrez sa table de ping-pong à la multitude de balles figurant leurs trajectoires, son moustique surdimensionné en silicone, son Dark Vador en totem de verre… "J'aime les matériaux pauvres, ceux qui se compriment et se détendent", commente l'artiste. Avec humour et simplicité, il invente le cubisme au scotch, découpe la photographie au cutter, sculpte des lustres baroques captant la lumière. Richard Fauguet n'a pas fini de nous surprendre. Jusqu'au 13 février.
12:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : richard fauguet, prix marcel duchamp, michel blazy, philippe ramette
05.01.2011
Expositions 2011 : Othoniel, Anish Kapoor… Save the date !
Quelles sont les expos à ne pas manquer en 2011 ? Mise en bouche.
28 JANVIER-OCTOBRE : TONY CRAGG AU LOUVRE
La pyramide du Louvre accueille une sculpture monumentale de l’artiste britannique Tony Cragg, 62 ans, lauréat du Prix Turner (1988). Figure emblématique des années 1980 et du mouvement de la Nouvelle Sculpture anglaise, Tony Cragg est connu pour ses mosaïques d'objets en plastique coloré au sol ou sur un mur visant une archéologie de la vie moderne.
1er FEVRIER : DU COTE DE CHEZ RENOIR
La petite cité d’Essoyes en Champagne, ville natale d’Aline Charigot, la femme de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), se métamorphose en un village d'artistes. Le couple est venu passer l’été à Essoyes pendant plus d’une trentaine d’années. Habituellement fermé au public, l’atelier de Renoir se visite désormais ainsi que le cimetière : Renoir y repose avec deux de ses fils, Pierre Renoir (1885-1952), l’acteur, et Jean Renoir (1874-1979), le réalisateur. www.renoir-aube-champagne.com
2 MARS-23 MAI : JEAN-MICHEL OTHONIEL A BEAUBOURG
Jean-Michel Othoniel, 47 ans, à qui l’on doit déjà le célèbre « Kiosque des Noctambules », cette commande de la RATP pour habiller de verre l’entrée de la station de métro Palais-Royal, bénéficie d’une rétrospective au Centre Pompidou. « My Way » montre un ensemble de 80 pièces, des premières oeuvres intimes et poétiques aux sculptures monumentales d’aujourd’hui.
2 MARS : INAUGURATION DE LA GAITE LYRIQUE
Conçue comme un instrument au service des artistes, la Gaité Lyrique, premier centre de création numérique parisien, s’étend sur 7 niveaux et 10 000m2 d’espace d’expositions dans l’ancien théâtre de la Gaieté lyrique rénové par l’architecte Manuelle Gautrand. Premiers artistes à investir le lieu : le collectif britannique United Visual Artists (UVA), passé maître dans le « mapping façade », cette scénographie à l’échelle de l’architecture urbaine. www.gaite-lyrique.net
5 AVRIL-24 JUILLET : L’ART DOGON AU QUAI BRANLY
A travers plus de 300 oeuvres issues de collections du monde entier, l’exposition consacrée à l’art Dogon dresse un panorama chronologique de l’art au Mali du VIIIe siècle à nos jours, des anciennes statues dogons reconnaissables à leurs formes allongées aux masques de danse.
13 MAI-21 JUIN : ANISH KAPOOR AU GRAND PALAIS
Apprêtez-vous à vivre un feu d’artifice chromatique au Grand Palais avec Anish Kapoor ! Dans le cadre de Monumenta, l’artiste britannique de 57 ans, d’origine indienne, a accepté de se mesurer à la verticalité et à la lumière du lieu. Les matières de prédilection d’Anish Kapoor sont la pierre des carrières, l'acier et, la cire dans un subtile mélange de culture occidentale et traditions orientales. Du sublime, en perspective.
12:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-michel othoniel, anish kapoor, tony cragg, art dogon, gaité lyrique






















