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28.03.2011

« Le Penseur de Rodin est amoureux »

penseur-rodin.jpgOn pensait que le Penseur de Rodin songeait à la condition humaine, à Dante devant les portes de l’Enfer, face à toutes les misères du monde… Que nenni ! Dans la bouche d'un enfant de 4 ans, « il est amoureux d'une fleur » ! Très attentif aux explications d'Anaëlle, la conférencière de l'association Paris d’enfants, au musée Rodin, dimanche dernier, mon fils a fait un raccourci. Il a associé la figure de l'homme accroupi perché sur son socle dans le jardin du musée, et la femme au chapeau prénommée Rose (la fleur !). Rose Beuret aura attendu 56 ans avant que Rodin ne l'épouse... De quoi impressionner un enfant et rester songeur, en effet !

rodin-parisdenfants.jpg

17.03.2011

Fukushima entre dans le musée des Accidents imaginé par Paul Virilio

bruce_conner.jpg« D’incidents en accidents, de catastrophes en cataclysmes, la vie quotidienne devient un kaléidoscope où nous affrontons sans cesse ce qui vient, ce qui survient inopinément, pour ainsi dire ex abrupto… » La pensée du philosophe Paul Virilio, qui analyse avec une acuité de visionnaire les phénomènes liés à l’accélération du temps et la vitesse en général, s’impose aujourd’hui à nous à la lueur de ce qu’il appellerait « l’accident majeur » et qui se déroule sous nos yeux au Japon. Conservateur d’un musée imaginaire des Accidents, il a été le commissaire de l’exposition « Ce qui arrive » à la Fondation Cartier en 2003.

Parmi les artistes que Paul Virilio, ce partisan d’une « conscience de la science » avait choisi d’exposer, le réalisateur américain Bruce Conner (1933-2008), pionnier du cinéma expérimental. En 1958, ce dernier avait réalisé un film intitulé « A movie », à nouveau projeté au Centre Pompidou en novembre dernier comme un signe prémonitoire... En 12 minutes, Bruce Corner entreprend, sur un mode tragicomique, de traverser plus de la moitié du XXe siècle, son procédé chaotique coïncidant parfaitement avec les cataclysmes de l'histoire. En inventoriant de manière aussi concise que spectaculaire le potentiel de dévastation de l'humanité, l’artiste rejoint le philosophe pour qui, ainsi qu’il le dit sur le site de Sciences et Avenir, notre époque « mériterait une intelligence scientifique et politique pour la penser, intelligence qui fait défaut. »
Photo : Bruce Corner

> Voir le film de Bruce Conner A movie

15.03.2011

Paysages de ruine selon Duncan Wylie

duncan_wylie.jpg

Scènes de dévastation, maisons flottant dans les débris, bâtiments éventrés, façades lacérées… ces images d’apocalypse auraient pu être celles des côtes japonaises après le tremblement de terre et le tsunami qui a dévasté le nord-est du pays. Il s’agit en réalité des paysages peints par Duncan Wylie, un artiste zimbabwe de 36 ans, faisant référence aux bidonvilles d’Harare rasés par les autorités au Zimbawe condamnant un million de personnes à l’exode. A l’heure où le Japon vit une tragédie, où la menace nucléaire plane comme jamais, c’est en visitant cet après-midi le musée des beaux-arts de Grenoble que cette toile intitulée « Cabine fever » (2006) de Duncan Wylie m’a interpellée (photo)., Dans les tableaux de ce diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2000, pas de personnages. Juste une présence humaine dissimulée ou fantomatique, à l’instar du drame de Fukushima. En cet instant où une partie de l’avenir du monde est en train de se jouer au Japon, cet effroi est universellement partagé.
http://www.dukanhourdequin.com

01.03.2011

« My way » à Beaubourg : J’ai rencontré Jean-Michel Othoniel

alexia-Guggemos+JM-Othoniel.jpgAprès un parcours sans faute – diplôme des Beaux-Arts de Cergy, pensionnaire à la Villa Médicis, représenté par la galerie Emmanuel Perrotin, une exposition personnelle à la Fondation Cartier en 2003... Jean-Michel Othoniel, 46 ans, est à l’honneur au Centre Pompidou jusqu'au 23 mai. Son matériau de prédilection : les perles de verre soufflé et le fer forgé. Mais son œuvre est bien plus foisonnante. J’ai rencontré hier au café Beaubourg Jean-Michel Othoniel, un artiste dont la réputation ne cesse de grandir.

timbre-kiosque-othoniel.jpgAlexia Guggémos : Vous êtes l’un des artistes français les plus prometteurs et pourtant le grand public vous connaît encore peu. Pourquoi ?
Jean-Michel Othoniel : Il est vrai que l’on me connaît essentiellement pour le « Kiosque des noctambules », l’œuvre que j’ai réalisé en 2000 pour la station de métro Palais-Royal à Paris : deux coupoles serties de perles de verre multicolores. Les passionnés pourront d’ailleurs dès cette semaine se procurer le timbre commémoratif… J’ai surtout été exposé à l’étranger jusqu’à présent, à New-York, Miami, Los Angeles, New Delhi, Istanbul, Séoul… Mais j’ai aussi participé à des rencontres importantes en France comme « Féminin-Masculin » au Centre Pompidou en 1996 ou « Contrepoint » au Musée du Louvre où j’ai investi les salles mésopotamiennes avec une « Rivière blanche » aux perles constellées de pointes de seins (photo ci-dessous).

othoniel-riviere-blanche.jpgVous revenez au Centre Pompidou du 2 mars au 23 mai avec une exposition qui s’étend sur deux étages. Est-ce un tournant pour vous ?
C’est un moment très important ! Il a fallu plus de 3 ans pour réunir quelques 80 pièces, dont certaines sont inédites. Mon parcours est en marge, d’où le titre de cette exposition, My way. Je reviens aux racines, en présentant notamment mes premiers travaux sur le soufre présentés à Documenta de Cassel en 1993.

Comment est née votre passion d’artiste ?
Mes premiers chocs esthétiques et mon ouverture à l’art datent de mon enfance à Saint-Etienne où au lycée, la classe entière allait visiter des expositions d’artistes contemporains au musée, comme celles de Tony Cragg ou de Robert Morris. Essentiellement des sculpteurs. Il y avait là un vrai espace de liberté. C’est cet esprit que j’ai souhaité insuffler à la galerie des enfants à Beaubourg.

othoniel-bateau-des-larmes.jpgEn quoi consiste ce « Réel merveilleux » que vous proposez aux enfants ?
Je l’ai conçu comme une expérience esthétique, une véritable confrontation avec des œuvres : le Théâtre de Peau d’âne et The Precious Stonewall… L’atelier peut se poursuivre à travers deux livres à paraître en mars : « Mon petit théâtre de peau d’âne » (Editions courtes et longues), une petite histoire de l’art contemporain raconté aux enfants que j’ai co-signé avec Marie Desplechin. Et un livre en réalité augmentée intitulé « Comme à l’atelier ». Les enfants pourront jouer en 3D avec un cœur en relief ou encore s’embarquer sur le « Bateau de larmes » rappelant l’œuvre monumentale présente dans l’exposition.

othoniel-a-beaubourg.jpgQuels sont vos projets à venir ?
Après Beaubourg, My Way sera présentée au Leeum Samsung Museum of Art de Séoul (Corée du Sud) à l’été puis au Hara Museum of Contemporary Art de Tokyo (Japon) à l’automne et au Brooklyn Museum de New York (Etats-Unis) au printemps 2012. Par ailleurs, je participe au projet artistique d’aménagement des rives de Saône à horizon 2013.

➢ Le site de Jean-Michel Othoniel www.othoniel.fr

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