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    Franck Scurti livre un abécédaire inédit à Déliredelart

    franck-scurti-cool-memories-dr.jpgIl est l’artiste de l’été : Franck Scurti fait l’actualité au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, jusqu’au 26 août. Avec quelques 20 000 visiteurs dès les premières semaines, son exposition « Works of chance » au Musée d’art moderne et contemporain est une vraie réjouissance. Un mur défoncé, le sol jonché de gravats… Scurti fait voler en éclats nos certitudes. Ludique, détonnant, jamais enfermé dans un style ou une série, l’artiste de 45 ans ne se prend pas au sérieux. Le hasard, le banal, les petites choses du quotidien l’inspirent : une feuille ramenée de Madagascar lui permet de bâtir une cartographie d’un monde imaginaire, une boîte de sardine est métamorphosée en lit, des canettes de boisson sont recouvertes de peaux de serpent, la table de travail de son atelier posée au mur. Rencontré à Paris, il y a quelques jours, Franck Scurti a accepté de répondre à mes questions sous la forme d’un abécédaire. Inédit.

    Franck Scurti expose galerie Michel Rein à Paris en octobre.
    > Le site de Franck Scurti www.franckscurti.net


    workingtable.jpgA/ J’ai choisi tout simplement Art pour commencer. Pour moi l’Art est une pratique vivante, active et qui s’effectue au jour le jour. Ce qui est, je crois, à l’opposé de la Culture.

    B/ le Banal car c’est une source d’inspiration permanente.

    C/ La Culture par opposition à l’art. Dans la culture tout ce qui fait l’effectivité de l’art y est mis en conserve.

    D/ Déchet parce que je travaille souvent avec ce qu’il reste, mais il faut prendre ce mot au sens large.

    E/ Economie car dans mon œuvre l’économie à une forme qui peut être vu comme la symbolisation moderne d’un destin collectif, un destin que l’on voudrait nous imposer.

    F/ Fourier c’était un homme de génie qui voulait tout changer, tout recommencer à zéro et fusionner l’amour et la politique ! Il recherchait la vérité en amour, l’harmonie dans la société, un peu comme un chimiste recherche une formule…

    G/ Genre car je ne crois plus au genre, au style, bref à tous ces trucs qui construisent une identité artistique et économique.

    H/ Hasard parce que la plupart de mes œuvres sont issues de rencontres fortuites avec les choses et les événements. Le hasard permet de donner aux idées et aux formes rencontrées une liberté d’action qui confère à chaque pièce une indépendance, une autonomie.

    I/ Idée. Je crois que tout commence toujours par une idée, celle-ci peut être abstraite ou alors juste une intuition. J/ Jeu car il revient souvent dans mon travail. Je réinvente les règles d’apparition des choses en permanence.

    kiwi-lamp1.jpgK/ Kiwi lamp est une œuvre qui a la forme du jeu, cela a sans doute quelque chose à voir avec l’enfance, jouer avec l’emballage plutôt qu’avec le produit…

    L/ Le Ludique, c’est la seule solution sérieuse de travail que j’ai trouvé face aux conditions totalement aliénées de l'expérience de l’objet dans la vie quotidienne.

    M/ Musée car avec la collection privée c’est la fin d’un processus.

    N/ comme les Noix que j’ai collé sur chacune des images dans « De l’origine du monde jusqu’à nos jours ». La noix a été pour moi comme un outil pédagogique qui me permettait de rapporter des thèses et des vérités complexes à des figures simples.

    O/ Ontologie car je m’intéresse à ces choses que l'on connaît mais dont on ne se soucie plus des raisons qui les ont amenées à "être".

    P / Pour Projet. Lorsque j’ai commencé à travailler, je faisais uniquement des projets, on m’invitait à des expositions et je répondais par un projet. J’ai commencé à m’interroger sur cette idée de projet en art, car je n’étais pas très content de moi et de ce que je voyais dans les expositions de groupes. J’en suis donc venu à la conclusion que c’était sans doute lié à une question de temps : au plus on est demandé au moins on a de temps et au plus on va vite. C’était donc lié au système de production et de diffusion.

    Q/ Je n’aime pas trop le terme « travailler sur le Quotidien », en effet, je ne travaille pas sur le quotidien, mais avec une économie quotidienne. Quand on se retrouve dans un milieu comme la maison, l’atelier ou la rue, on travaille avec ce qui nous entoure. Le quotidien, c’est juste l’étalon de mon activité. R/ Réification parce que si toutes les formes naissent de la contingence et de rencontres, elles finissent toujours réifiées.

    S/ le mot Sourire pour vous faire plaisir : Je crois que c’est une grande satisfaction pour un artiste de décrocher un Sourire de la part d’un visiteur devant l’une de ces œuvres. A partir du moment où il l’a souhaité bien sûr…

    T/ Total car j’ai l’ambition de créer une œuvre ou tout serait connecté.

    emptyworld1.jpgU/ L’Unité c’est ce que je recherche, un lien organique entre le fond, la forme et l’idée.

    V/ La Valeur symbolique des choses me fascine : un papier froissé de Picasso peut avoir la même valeur qu’un Jeff Koons de six mètres de long. C’est la valeur en tant que phénomène et en tant qu’acte qui est importante.

    W/ Le White cube c’est quand même l’endroit le plus adapté a un travail comme le mien car il maintient les œuvres en tension et à distance.

    X/ Le Xerox Book une œuvre de Art & Langage qui a été importante à un moment donné et qui semble être un peu oublié aujourd’hui par toute une génération d’artistes.

    Y/ Yes simplement parce que je dis trop souvent No.

    Z/ Le Zapping car beaucoup trop d’expositions de groupes ressemblent à des zappings en 3D.

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    A Amiens, Elsa Tomkowiak fait dériver les couleurs

    Elsa Tomkowiak .gifAmiens, sa cathédrale, son musée de Picardie, et depuis deux ans, son festival d'art contemporain ! Jusqu'au 15 octobre, les 14 jardins des Hortillonnages ("hortellus", signifie "jardin" en latin), situés sur d'anciens marais entrecoupés de canaux, ont été investis par une dizaine d'artistes de moins de 35 ans.

    Parmi les installations à découvrir en barque à cornet ou en kayak, la structure flottante d'Elsa Tomkowiak (née en 1981), diplômée de l’École Nationale d’Art de Dijon. Créant ses propres codes chromatiques l’artiste, intéressée par des notions liées à l’étude du paysage, invente une tectonique des strates de la couleur. Successions d’aplats et de filElsa Tomkowiak3.jpgets colorés découpent l'espace. La bache en plastique transparente et le carton sont ses matériaux de prédilection. Accidents, monumentalité, amplitude... Elsa Tomkowiak voit la vie en "méga chrome", et la rétine en redemande !

    > Voir le programme complet sur www.hortillonnagesamiens2011.com

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    Di Liu : plaidoyer pour le monde animal

    Animal_Regulation_Serie_Photo_Di_Liu3.jpg

    Face à l'extension urbaine galopante en Chine, Li Diu, 26 ans, diplômé de la Central Academy of Fine Arts (Cafa) de Pékin, apporte un regard critique. Dans la série "Animal Regulation" qui a remporté le prix Lacoste Elysée 2010, Di Liu illustre avec dérision le conflit entre l'homme et la nature.

    "J'ai cherché un nouveau monde objectif capable de distraire temporairement les gens des réalités banales, sans importance, même s'il n'a qu'un sens très vague au delà de la réalité qui est sous nos yeux", peut-on lire dans le numéro de juillet 2011 du magazine Photo consacré à l'environnement.

    Placés dans des décors urbains, les animaux sont déformés, surdimensionnés, pour faire surgir le caractère étriqué de l'espace laissé au monde animal. Si le procédé d'agrandissement n'est pas nouveau, les clichés de Di Liu parviennent à émouvoir. Di Liu, un nouvel ambassadeur pour la biodiversité !

    > Portfolio Di Liu

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