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Sorties enfants - Page 3

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    A Beaubourg, une œuvre de Mondrian s’est dissimulée dans le guide de visite

    mondrian-beaubourg.jpgC’est l’histoire d’un petit garçon de 4 ans qui visite l’exposition Mondrian au Centre Pompidou avec sa maman pendant les vacances de Noël. En l’occurrence, il s’agit de moi. Pour intéresser mon fils aux toiles exposées, je lui demande de retrouver sur les murs les œuvres reproduites en couleur dans le guide de visite. Après une heure de commentaires enthousiastes, au moment de partir, le petit garçon me dit : « Mais il nous reste encore ce tableau à trouver ! » en me montrant du doigt le plan de l’exposition dans la brochure. Effectivement, avec ses angles droits et ses grandes lignes géomémondrian.jpgtriques, ce plan avait bien des allures d’un Mondrian ! Encore fallait-il être un enfant pour l’imaginer… L’une des dernières œuvres de l’artiste « Broadway, boogie-woogie » (1942) n’est-elle pas d’ailleurs directement inspirée du plan de la ville de New-York ?

    Enfant ou pas enfant, seul(e) ou accompagné(e), précipitez-vous pour admirer cette exposition exceptionnelle : la scénographie minimaliste sert le propos, cette organisation mathématique de l’espace à laquelle ce grand nom de la peinture abstraite a consacré toutes ses recherches. On y retrouve également, en écho, les travaux des architectes, graphistes et designers du mouvement avant-gardiste hollandais De Stijl au début du XXe siècle. On découvre aussi avec émotion la reconstitution de l’atelier de Mondrian, qui se situait rue du Départ à Paris, un espace en perpétuelle transformation aujourd’hui disparu. Il ne reste rien de ce laboratoire de l’artiste qui aima tant Paris, qui le lui rendit si mal : Mondrian n’eut, de son vivant, aucun succès en France. Il était temps de réparer l’outrage. Mondrian-De Stijl, à Beaubourg, jusqu’au 21 mars.

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    Le fabuleux Petit Pierre de la Fabuloserie

    le+manege+de+pierre+avezard+la+fabuloserie+photo+jean+francois+hamon.jpgQu'est ce que "l'art hors normes" ? De l'art pas comme les autres... certes. Mais il est un endroit, perdu dans la campagne bourguignonne, où l'on peut avoir un aperçu jubilatoire de ce que peut être une création hors de tout circuit commercial, hors de toute école, hors même de tout modèle. Un art "brut", tout droit sorti d'imaginaires débridés et débrouillards. Ce petit coin insolite s'appelle la Fabuloserie, à Dicy, dans l'Yonne. Là, grâce à la passion d'un couple éclairé venu s'y installer dans les années 1970, une trentaine d'artistes autodidactes de tradition populaire est exposée de façon décalée et extrêmement ludique. La plupart d'entre eux ont fait de la récup' une activité de génie : pièces de matériel agricole transformées, tôles façonnées, jouets recyclés...

    C'est en 1971 qu'Alain Bourbonnais (1925-1988), architecte à Paris, et sa femme Caroline, ont fondé cette Fabuloserie, choisissant "l'art hors les normes" puisque Jean Dubuffet, le "Pape de l'art brut," s'opposait à ce qu'ils utilisent cette appellation "contrôlée". On ne sait où poser les yeux tant chaque pièce recèle d'astuces et de trouvailles. On y découvre des toiles en légumes recyclés, des paysages féériques en coquillages et vernis à ongle, des "voitures maboules" tout en engrenage. Kitch ? Archi-complètement ! Mais tellement réjouissante, à l'image du "Manège du Petit Pierre", une pure merveille qui mériterait d'être classée monument historique et dont l'histoire se doit d'être racontée.

    "Petit Pierre", alias Pierre Avezard (1909-1992), garçon vacher, borgne et sourd, a tout utilisé pour se créer son monde idéal, loin des brimades quotidiennes : boîtes de conserve, morceaux de tôle, piquets de bois, pneus usagés... Il consacrait ses moments de loisirs à prospecter les décharges. Une fois découpé, limé, martelé, raboté et assemblé, l'ensemble représente son univers d'un exceptionnel foisonnement, avec ses voitures roulant sur la nationale, ses avions dans le bleu du ciel, ses cyclistes pédalant à toutes jambes, sa réplique de la tour Eiffel, son Moulin Rouge, son bal populaire où Petit Pierre s'est représenté dansant avec ses vaches, ce buveur crachant soudainement sur les spectateurs, ces pompiers les arrosant aussi... 40 ans pour tout inventer et monter. Sans l'intervention d'Alain Bourbonnais et de bénévoles qui ont tout remonté dans le jardin de la Fabuloserie depuis une ferme du Loiret, ce Manège ne serait plus aujourd'hui que rouille et vieux ressorts dézingués. Un art "hors les normes" à découvrir avec gourmandise.

    > Plus d'infos sur Le Musée de la Fabuloserie sur www.fabuloserie.com


    Le manège de Petit Pierre (musée la Fabuloserie) en vidéo

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    Immersion dans l'Art Brut à la Fondation Dubuffet

    dubuffet-chateau.jpgL'Art Brut revient sur le devant de la scène artistique avec la réouverture le 25 septembre du Musée d'art moderne de Villeneuve d'Asq (renommé LaM), entièrement rénové et dont une partie importante des collections sera consacrée à cet "art où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe", selon le peintre et théoricien, Jean Dubuffet (1901-1985). L'idée m'est donc venue ce week-end de (re)visiter la Closerie Falbala, siège de la Fondation Dubuffet à Périgny-sur Yerres (Val de Marne).

    Les visites se font sur réservation tout au long de l'année. Rendez-vous donc samedi 11 septembre à 14h30 devant les grilles de la fondation. Début de la visite avec la vingtaine de personnes inscrites, dont pas mal de jeunes enfants qui n'en croient pas leurs yeux. Ruée joyeuse dans l'antre de la Closerie, ce simulacre en noir et blanc d'un jardin clos de murs au centre duquel se dresse la Villa Falbala construite pour abriter un Cabinet logologique, la "chambre d'exercice philosophique" de Dubuffet. villa-falbala-dubuffet.jpgLes peintures deviennent reliefs puis architecture.  Pour l'artiste, il s'agissait de "donner à ces graphismes déchaînés, s'échappant de la feuille plane qui leur sert habituellement de support, des dimensions monumentales. Entre imaginaire et réalité, le décor merveilleux se prête à une série de prises de vue. Les visiteurs  - dont une majorité d'étrangers - se photographient, les enfants s'amusant à courir (malgré l'interdiction martialement formulée) entre les lignes courbes et les creux du monument.

    C'est en 1966 que Dubuffet a abandonné la peinture à l’huile et les matériaux naturels pour les peintures vinyliques et les markers. Il se lance alors dans de grandes réalisations en volume, apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l'époxy, le béton projeté et les peintures polyuréthane...  jusqu'à réaliser ce chef d'oeuvre où l'imagination du visiteur vagabonde, projetant son propre  univers sur cette féérie en rouge, bleu et blanc -parfois noir-, la palette idéale de Dubuffet. Gros bémol de cette visite : le "guide" livre à peine quelques explications avares et sommaires. Rien sur la réalisation des oeuvres, leur vocation, leur folie. On ne saura rien non plus, ou pas grand chose, sur la pensée du maître de l'Art Brut.

    coucou-dubuffet.jpgAprès la visite de la Villa Falbala, le groupe est enfermé dans le petit musée attenant où se trouve notamment exposé le célèbre tableau animé "Coucou Bazar". Un film, tourné au Musée Guggenheim de New York en 1973, retrace ce spectacle alors présenté pour la première fois.  De quoi rêver devant ces 20 costumes extraordinaires composés d'éléments du vestiaire, interchangeables : masques, chapeaux, robes, gants ou bottes réalisés dans des matériaux divers (rayonne ou coton peints, résine, latex etc...). On peut aussi découvrir la salle des maquettes, et quelques sculptures monumentales exposées dans le parc.

    > En savoir plus sur le LaM  www.musee-lam.fr

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