17.09.2011
Mariel Clayton : Barbie m’a tuer

Ames sensibles s’abstenir ! Barbie Tueuse Sanguinaire vient de commettre un nouveau forfait ! Elle vient de décapiter et de dépecer Ken, dont les restes trainent sur le carrelage de la cuisine… Souriante, heureuse, elle admire son travail, un verre de Schweppes bien mérité dans une main, une épée dans l’autre, bien plantée dans l’abdomen du monsieur. Au mur, entre les poêles et la liste de course fichée sur le frigidaire, deux fusils mitrailleurs sont accrochés au mur. Est-ce parce que Ken a refusé de faire la vaisselle que Barbie s’est mise dans une rage meurtrière et fait bouillir sa tête dans la marmite ? Toujours est-il que la photographe canadienne Mariel Clayton – dont j’ai découvert les œuvres dans Beaux Arts de ce mois-ci - a décidé de passer à l’action et de dégainer devant toute tentative de stéréotype sexiste. Ras le bol des femmes au foyer et autres blondasses censées se manucurer les ongles pour leur bel étalon !
La jeune-femme a eu le déclic gore au Japon, en regardant toutes les figurines kitch destinées aux petites filles. Sus à Mattel et autres fabricants de stéréotypes, il va y avoir du sang sur les murs ! Barbie bouchère, Barbie aux toilettes, Barbie insomniaque… Mariel Clayton joue des éclairages et des contrastes pour nous dépeindre un monde aux codes inversés. Un travail aussi réjouissant que celui de la photographe allemande Anne-Catherine Becker-Echivard avec ses mises en scène ironiques de poissons. Ici la révolte sociale a passé un cap. Il était temps que Barbie se rebiffe !
> Voir le site de Mariel Clayton
www.thephotographymarielclayton.com
> Voir plus de photos sur Flickr
18:35 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : photographie
09.06.2011
Invader 1000 : un ovni de l'art contemporain à Paris

Invader, le street artiste français qui avait envahi les pages du quotidien 20 Minutes en mars 2009, expose à La Générale, avenue Parmentier à Paris (11e), et à la galerie Le Feuvre, rue du faubourg saint Honoré (8e), jusqu'au 3 juillet. Deux lieux : un lieu undergroung à l'image des zones en friche qui inspire Invader à travers le monde, et une galerie d'art parisienne. Grande rétrospective du travail de l'un des artistes plus populaires en France. En effet, qui n'a pas remarqué en se promenant dans Paris l'une des 1000 mosaïques collées au coin d'une rue, au dessus du périphérique, à intérieur d'une cour...
A La Générale, découvrez le scooter avec lequel Space Invader se rend sur le lieu de ses crimes. Bardé d'autocollants, le véhicule est connu des services de police. Une vidéo montre l'artiste en train d'escalader les echaffaudages, grimper sur le toit des immeubles. Il intervient masqué. Du reste, au vernissage, personne n'a pu le reconnaître, il est passé inaperçu...
L'exposition présente le travail d'Invader autour des rubiks cubes, un mouvement qu'il nomme le "Rubikcubisme", dont une série de portraits dans la série des méchants (Ben Laden) et des gentils, ainsi que des couvertures de pochettes de disques (Queen). Personnellement, j'ai eu le bonheur de faire l'acquisition pour le Musée du sourire du portrait du Dalaï-Lama. Deux expositions exceptionnelles à ne pas manquer.
14:15 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.06.2011
Tirage au sort Boltanski : 017914 sera t-il mon numéro Chance ?
Grattez et gagnez une œuvre de Christian Boltanski à l’occasion de la 54e biennale de Venise ! Collée sur la Une de Libération datée du 3 juin, une zone à gratter afin de découvrir « son » numéro… L’autocollant montre un visage découpé en trois bandes verticales. Il évoque l’installation spectaculaire « Chance » exposée à la biennale jusqu’au 27 novembre et par laquelle l’artiste interroge le hasard et le destin : Un long ruban composé de 600 visages de nourrissons. A peine nés et déjà embarqués sur le grand huit de la mort - ou de la vie. A intervalles irréguliers, une sonnerie retentit, le fracas modéré s’arrête, le ruban ralentit, le visage d’un nouveau-né s’immobilise sous l’objectif d’un appareil photo. Il est saisi, il a été choisi. Pour concrétiser cette idée de la chance, Boltanski a souhaité concrètement mettre en place une loterie pour chacun des visiteurs : « Chacun est invité à participer à un jeu consistant à recomposer sur un écran un visage à partir de fragments de visages de bébés et de vieillards qui défilent à toute allure. S’il arrive à restituer un vrai visage en poussant le bouton au bon moment, il gagne l’œuvre», commente Jean-Hubert Martin, commissaire du Pavillon français. Le lecteur de Libération peut donc, lui aussi, s’amuser avec les lois du hasard : si son numéro est tiré au sort, il gagne une œuvre de l’artiste d’une valeur de 10 000 euros.
Le mien est le 017914. Mais en le découvrant, je n’ai pas pu retenir un certain malaise compte tenu du sens que Boltanski donne à chacune de ses créations, souvent évocatrice de la Shoah : comment le numéro peut-il ne pas évoquer celui qui était tatoué sur l’avant bras des déportés juifs et qui figurait aussi sur des bandes cousues sur leurs vêtements...
Tirage au sort le 10 juin.
12:38 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : christian boltanski
13.05.2011
White Cube ou l'essence de l'art contemporain : 1er parfum d'artiste
"Une pointe de mandarine verte, et l'odeur de champignon en moins... " Le parfum White Cube que l'artiste Maurice Benayoun s'apprête à lancer en juin évoque l'odeur commune à tous les vernissages, celui de l'acrylique. "La peinture fraiche, ça sent le champignon !" poursuit le maître de l'art digital, qui, a travers cette création rend bien réel notre rapport au monde. Réalisé par le nez Patrice Dana, directeur du Studio des Parfums, la fragance baptisée "L'essence de l'art contemporain", est basée sur les sensations émotionnelles de Moben (l'autre nom de Maurice Benayoun). Dans son atelier parisien, j'ai testé pour vous ce parfum d'artiste inédit, intense ! Sans doute, le parfum le plus arty et le plus snob qui soit, pas encore commercialisé.
Jusqu'au 3 juillet, à la M
édiathèque George Sand à Enghein-les-Bains (Val d'Oise), Maurice Benayoun expose la série "Quarxs" réalisée entre 1990 et 1993 avec François Schuiten et Benoît Peeters. Ce programme est la toute première série en images de synthèse 3D haute définition. Il est accompagné de tous les dessins et objets préparatoires ayant servi à la réalisation de ce projet. Parallèlement, Maurice Benayoun présente un travail de recherche : The Dump (La Décharge) constitué d'un répertoire d’esquisses, de projets difficilement réalisables, de concepts pertinents, délirants, ou flottants qu’il dépose sans distinction dans un espace qui a pris la forme d'un blog, à l'origine d'une thèse.
> le site de Maurice Benayoun www.benayoun.com
09:17 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice benayoun, moben, parfum
10.05.2011
Anish Kapoor au Grand Palais : c'est gonflé !
Jusqu'au 23 juin, une sculpture monumentale gonflable aux formes organiques a envahi le Grand Palais : 100 mètres de long, 17 mètres de haut, pour une masse globale de 72 000 m3... Dédiée à l’artiste chinois Ai Wei Wei, victime de l’oppression politique dans son pays, l’œuvre est intitulée « Léviathan ». L’artiste britannique Anish Kapoor, d’origine indienne, fait ainsi référence à la monstruosité, bien sûr, mais aussi au Traité politique de Thomas Hobbes (1651) dans lequel le philosophe britannique compare le corps humain à une machine. Elle n’est pas sans rappeler non plus les sculptures en bronze du Britannique Henri Moore (1898-1986). A la différence majeure que l’œuvre de Kapoor, composée de vide, se génère elle-même.A l’intérieur de la matrice, le rouge domine, vibrant, flamboyant, intranquille… L’émerveillement nait d’un rayon de soleil qui, parfois, voit l’immense verrière se refléter sur ses flancs. La lumière interagit. La peau en polyester irradie. Assemblage et tension. Utilisée pour sa couleur et sa translucidité, la bâche de 22 000 m2 qui compose la structure nous renvoie à nos interrogations. Comment le lieu crée-t-il la forme ? Richard Serra nous avait fait lever le nez en l’air en 2009, Christian Boltanski nous avait réfrigéré au sens propre comme au figuré en 2010, Anish Kapoor nous invite à appréhender le vide et le plein, magistralement.
> Infos pratiques sur www.monumenta.com

10:00 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : anish kapoor, ai wei wei
29.04.2011
Oui, à la Chaise de la Mariée de Lochan Upadhyay
Majestueuses, les deux Chaises de mariage de l’Indien Lochan Upadhyay m’ont fait pousser la porte de la galerie Albert Benamou à Paris cet après-midi, jour du mariage de Kate et William... Réalisées à partir de chutes de tissus de saris apportées par toutes les femmes du village de l’artiste, Partapur, situé dans l’ouest de l’Inde, les Chaises font référence à la dot que la famille de la mariée doit payer à celle du futur mari... une tradition, sans doute à l’origine de la pénurie des femmes en Inde. Le pays ne compte actuellement que 93 femmes pour 100 hommes.
Diplômé de la prestigieuse Université des Beaux-Arts de Baroda, Lochan Upadhyay, 27 ans, s’est fait remarqué par la puissante FICA, Fondation pour l’art contemporain. « Ce qui compte pour moi, c’est l’esprit participatif », m’a confié l’artiste présent à la galerie. Au cœur de son travail, la relation privilégiée avec les habitants de Partapur dont il a réalisé une série de portraits.
« Lorsqu’ils posent fièrement sur cette chaise-trône, j’aime le contraste de leur vêtement avec le panaché des pièces de tissus colorés. » La même démarche participative préside à la série des « Mobile home », des sculptures faites à partir de fils multicolores torsadés 100% en plastiques recyclés. L’exposition présente une dizaine d’œuvres qui sont autant de messages solennels contre la pollution qui dépasse en Inde tous les seuils autorisés.
Galerie Albert Benamou, 24, rue de Penthièvre Paris 8e. Jusqu’au 30 juin.
> www.benamou.net

23:25 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environnement
17.03.2011
Fukushima entre dans le musée des Accidents imaginé par Paul Virilio
« D’incidents en accidents, de catastrophes en cataclysmes, la vie quotidienne devient un kaléidoscope où nous affrontons sans cesse ce qui vient, ce qui survient inopinément, pour ainsi dire ex abrupto… » La pensée du philosophe Paul Virilio, qui analyse avec une acuité de visionnaire les phénomènes liés à l’accélération du temps et la vitesse en général, s’impose aujourd’hui à nous à la lueur de ce qu’il appellerait « l’accident majeur » et qui se déroule sous nos yeux au Japon. Conservateur d’un musée imaginaire des Accidents, il a été le commissaire de l’exposition « Ce qui arrive » à la Fondation Cartier en 2003.
Parmi les artistes que Paul Virilio, ce partisan d’une « conscience de la science » avait choisi d’exposer, le réalisateur américain Bruce Conner (1933-2008), pionnier du cinéma expérimental. En 1958, ce dernier avait réalisé un film intitulé « A movie », à nouveau projeté au Centre Pompidou en novembre dernier comme un signe prémonitoire... En 12 minutes, Bruce Corner entreprend, sur un mode tragicomique, de traverser plus de la moitié du XXe siècle, son procédé chaotique coïncidant parfaitement avec les cataclysmes de l'histoire. En inventoriant de manière aussi concise que spectaculaire le potentiel de dévastation de l'humanité, l’artiste rejoint le philosophe pour qui, ainsi qu’il le dit sur le site de Sciences et Avenir, notre époque « mériterait une intelligence scientifique et politique pour la penser, intelligence qui fait défaut. »
Photo : Bruce Corner
> Voir le film de Bruce Conner A movie
10:02 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : japon, paul virilio
27.02.2011
Daniel Firman expose sa troupe chez Perrotin : Blackflip !
Pris dans un élan chorégraphique, les "personnages" de Daniel Firman sont traités sur un mode réaliste. Chargés d’objets quotidiens, entravés par leurs vêtements, simplement arrêtés ou encore en équilibre dans l’espace, ses figures grandeur nature traduisent des situations physiques et morales parfois excessives et drôles, invitant à transformer la perception d’un lieu. Jusqu’au 30 avril, le galeriste Emmanuel Perrotin consacre à cet artiste français de 44 ans une exposition intitulée « Blackflip ». Faites comme moi, laissez-vous surprendre en découvrant « Jenny » en plein saut périlleux avant ou encore « Joséphine » en plein déhanchement.
Le parcours de Daniel Firman est exemplaire. Une première exposition à la galerie Patrick Martin à Lyon en 1995, et le Lyonnais se retrouve dans plusieurs expositions collectives en région. Remarqué en 2000 par le critique d’art Franck Lamy - aujourd’hui chargé des expositions temporaires au MacVal - il est alors présenté au galeriste parisien Alain Gutharc qui l’expose pendant plus de 8 ans. En 2007, à l’occasion de l’exposition « La masse grave » à Paris, je me souviens d’Alain Gutharc m’expliquant la démarche de Daniel Firman, ancien danseur et chorégraphe. « Il cherche le geste précis, sans artifice. Ainsi, ses photos de personnes en suspension ne sont pas des photomontages : ses modèles ont réellement été mis dans des positions acrobatiques », m’avait-il affirmé. Le mouvement en mode pause… En 2008, Firman expose au Palais de Tokyo : « Würas (à 18 000 km de la terre) » et rejoint, l’année suivante, l’écurie Perrotin. A quand Miami ?
« Blackflip » ne montre pas seulement la troupe favorite de Daniel Firman mais plusieurs autres sculptures récentes dont une machine à laver « Rotomatic » qui tourne sur elle-même au rythme de ses programmes de lavage, évoquant le corps d’un danseur tournant sur lui-même.
> Le site de Daniel Firman http://www.danielfirman.com
10:29 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel firman, emmanuel perrotin, alain gutharc
23.12.2010
Le sapin-princesse d’Annette Messager n’aura vécu que le temps d’une valse…
Imaginez un sapin habillé d’une robe de princesse dorée faite en couvertures de survie ! C’était le joli spectacle qu’Annette Messager avait choisi d’offrir aux habitants de Saulieu (Côte-d’or) pour ce Noël 2010, jusqu’au 15 janvier. De la féérie et du rêve… Proposée par les Nouveaux Commanditaires (ces conseillers en mécénat soutenus par la Fondation de France), il s ‘agissait d’une commande sur mesure pour Annette Messager, 68 ans, colporteuse de « rêves simiesques », magicienne de monde chimérique fait d'amalgames et de carambolages de symboles. Son sapin devait être inauguré le 11 décembre. La veille au soir, il était fin prêt lorsqu’une bourrasque vint tout emporter. Désastre ou vilain sort ? Satané fichu temps ! L’artiste garde le sourire et confie à Phillippe Dagen, journaliste au Monde, « Ça me plaît assez, comme dans un conte japonais... » En 2008, inaugurant la série, l'artiste suisse John Armleder avait changé son sapin en une immense grappe de raisin bleutée. En 2009, l’artiste allemande résidant en France, Gloria Friedmann, avait fait un accrochage de photos dans le sapin, toutes sur le même sujet, des poignées de main symboliques d'hommes d'Etat. Pour Noël 2011, gageons que l’artiste choisi évitera toute prise au vent !
17:05 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : annette messager
20.10.2010
FIAC 2010 : Anne Brégeaut à l'honneur chez Semiose

Anne Brégeaut, 39 ans, est l’une des artistes françaises les plus prometteuses de sa génération. A la FIAC 2010, « Un bel endroit pour mentir », la gouache d’Anne Brégeaut (photo ci-dessus) est présentée Cour Carrée sur le stand de la galerie Semiose, jusqu'au 24 octobre. Avec cette œuvre aux dimensions plus larges qu’a son accoutumée – 80cm x 120cm -, elle donne une perspective nouvelle à ses paysages imaginaires tout droit sortis de contes de fées. Land Art, paysages fantasques, paysages improbables, nourris davantage par son imagination que par l’observation de la nature… Avec humour, Anne Brégeaut opère des confrontations ironiques et tendres de l’enfance face à l’aridité de notre monde.
A travers « Anniversaire » (2006) montrant un bouquet constitué d’une cinquantaine de bougies d’anniversaire, l’artiste évoque notre âme d’enfant malgré les années qui passent. Cette pièce, minuscule cette fois-ci -6,5cm x 5,5cm-, fait partie de l’exposition « Let’s dance » au Mac/Val à Vitry-sur-Seine (du 22 octobre 2010 au 16 janvier 2011).
Diplômée des Beaux Arts de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Anne Brégeaut dessinait à ses débuts comme dans un journal intime : dessins enfantins, phrases apparemment anodines, dans laquelle elle exprimait les vacillements du couple, les crispations de la solitude, la poésie de l’attente… Anne Brégeaut aiguise alors notre curiosité en faisant appel à nos expériences les plus intimes. Dans la série de dessins intitulée « Est-ce que tu m’aimerais encore ? » (1995), l’artiste efface, membre après membre, le corps d’une jeune femme jusqu’à la faire disparaître complètement. Dans ce petit carnet rose, page après page, Anne Brégeaut réitère cette même question « Est-ce que tu m’aimerais encore ? », dans… L’évanescence du corps, la litanie de la locution évoquent tout à la fois le souvenir, la peur d’être oubliée par l’Autre et la fragilité du rapport amoureux.
Pour le jeune groupe de rock Twin Twin, en 2009, Anne Brégeaut réalise le clip en dessins animés. « Je veux garder de toi l’image des jours heureux… L’amour est un serpent qui s’enroule sur mon cœur serrant indifférent à ma douleur… J’veux d'l’amour ! » J’adore. A faire buzzer sur Facebook !
> Le site d'Anne Brégeaut http://anne.bregeaut.free.fr
17:34 Publié dans Délires de l'art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne brégeaut, fiac























