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Délire de l'art - Page 9

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    Xavier Veilhan : "Orchestra" maestro !

    xavier veilhanVoici une illustration magistrale du mouvement perpétuel faite exposition… Turbine géante, constellations en hommage à Calder, rayons dynamiques inspirés de Soto, et quelques figures humaines en polystyrène, sa marque de fabrique... Xavier Veilhan, 48 ans, présente à la galerie Emmanuel Perrotin non pas une rétrospective, mais un ensemble d’une trentaine d’œuvres nouvelles, pour la plupart inédites.
    xavier veilhanMais les pièces semblent à l'étroit dans chacune des salles. Bien que s’intitulant « Orchestra », on peine à imaginer l’ensemble de manière uniforme et articulée, sur les deux niveaux du magnifique hôtel particulier du marais. Après Versailles en 2009, le système planétaire de Xavier Veilhan apparaît ici manquer d'espace. A quand une exposition personnelle à la Tate Modern de Londres ? Jjusqu’au 12 novembre.

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    Surpris(e) par la nuit, avec Bram Van Velde

    Bram-Van-Velde.jpg"Je peins l'impossibilité de peindre"... France Culture a rediffusé à 4h du matin une émission consacrée à Bram Van Velde. Bonheur d'une insomnie et "son frappement régulier ponctuel comme un pic-vert dans l'écorce d'une nuit", pour reprendre le poète Jacques Dupin.

    Je vous invite à télécharger le podcast de "Surpris par la nuit" du 7 juillet 2011. Portrait radiophonique de Bram Van Velde, "peintre de l'empêchement" comme le qualifiait son ami de Samuel Beckett. Difficulté de dire, de peindre.

    Jean Frémon évoque le dévoilement permanent et cite le philosophe Wittgenstein "le génie, c'est le courage dans le talent". Pour Charles Juliet, Bram Van Velde avait un sens aigu du vrai, rappelant les propres mots de l'artiste "l'art n'a que très rarement servi le vrai".


    Charles Juliet au musée des Beaux-Arts de Lyon par MuseeBeauxArtsLyon

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    Télémaque : Eloge de la main gauche du peintre

    invitation-herve-telemaque.jpg« Je reprends possession de ma main gauche », a déclaré le peintre Hervé Télémaque au critique d’art Jacques Gourgue dans un entretien livré en juillet dernier dans le cadre de l’exposition « La Canopée », galerie Louis Carré & Cie, à Paris, à voir jusqu’au 8 octobre. « Le lendemain de mon hémiplégie, j’ai commencé à dessiner. On m’a donné une balle. Avec l’autre main, j’ai commencé à dessiner la main malade. Honnêtement, ça ne devrait pas être là. » Main droite en sommeil, main gauche en action. Cinq rameaux osseux, avec leur système de nerfs et de ligaments, cheminent sous la peau. A observer, c’est un paysage singulier, avec ses monts et une grande dépression centrale, tantôt craquelé d’incidents, tantôt aux lignes pures et fines comme une écriture. Son revers est un réceptacle. La main unique de Télémaque, prend, crée, impose une forme, un contour, et parfois, on dirait qu’elle pense.

    singe-canopee-HT.jpgSans la main, point de géométrie, car il faut des rectangles et des ronds pour spéculer sur les propriétés du paysage cubiste. A travers ses « canopées », Hervé Télémaque rend hommage à Braque et Picasso. Son espace pictural est ouvert, plus lâche, moins précis. Cette précision relative exprime un lâcher-prise nécessaire. L’apparence ne l’intéresse pas. L’artiste n’a plus rien à prouver. Pourquoi la canopée ? D’où vient l’inspiration de la cime des arbres ? « Strates d’animaux divers, végétations différentes, luminosité variée. Là-haut, c’est une sorte de bouchon… », explique l’artiste. Il faut se rendre à La Blottière, son atelier de Normandie pour comprendre. Du jaune – celui des champs de colza – du vert, omniprésent. Dans ses « canopées » : des escaliers de couleurs, élévation du sol, montée vers l'azur ; du sombre et du clair dans une dialectique permanente… et toujours, la main de l’artiste qui caresse l’écorce de toute chose.

    brown-paper-bag-HT.jpgAmbidextre, mais gaucher contrarié, Télémaque a relevé le handicap « haut la main » ! Dans ses dessins et ses toiles, place au hasard, d’un doigt impatient pour voir. L’artiste fait de l’adresse avec ses maladresses. « The brown paper bag » écrit à l’encre noire, et c’est l’irruption poétique de l’inattendu dans un univers où l’accident doit avoir sa place, où tout paraît bouger pour accueillir l’incertain. Il s’agit de capturer la vie au vol et d’en extraire toute la puissance cachée. La générosité de Télémaque est là, dans sa graphie, dans sa main nue, que rien désormais n’entrave ou ne retarde, même quand elle procède avec lenteur.

    Photos Adam Rzepka : "Singe et canopée" (2007), et "The brown paper bag" (2011, 1er état) d'Hervé Télémaque

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