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17.07.2011

Franck Scurti livre un abécédaire inédit à Déliredelart

franck-scurti-cool-memories-dr.jpgIl est l’artiste de l’été : Franck Scurti fait l’actualité au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, jusqu’au 26 août. Avec quelques 20 000 visiteurs dès les premières semaines, son exposition « Works of chance » au Musée d’art moderne et contemporain est une vraie réjouissance. Un mur défoncé, le sol jonché de gravats… Scurti fait voler en éclats nos certitudes. Ludique, détonnant, jamais enfermé dans un style ou une série, l’artiste de 45 ans ne se prend pas au sérieux. Le hasard, le banal, les petites choses du quotidien l’inspirent : une feuille ramenée de Madagascar lui permet de bâtir une cartographie d’un monde imaginaire, une boîte de sardine est métamorphosée en lit, des canettes de boisson sont recouvertes de peaux de serpent, la table de travail de son atelier posée au mur. Rencontré à Paris, il y a quelques jours, Franck Scurti a accepté de répondre à mes questions sous la forme d’un abécédaire. Inédit.

Franck Scurti expose galerie Michel Rein à Paris en octobre.
> Le site de Franck Scurti www.franckscurti.net


workingtable.jpgA/ J’ai choisi tout simplement Art pour commencer. Pour moi l’Art est une pratique vivante, active et qui s’effectue au jour le jour. Ce qui est, je crois, à l’opposé de la Culture.

B/ le Banal car c’est une source d’inspiration permanente.

C/ La Culture par opposition à l’art. Dans la culture tout ce qui fait l’effectivité de l’art y est mis en conserve.

D/ Déchet parce que je travaille souvent avec ce qu’il reste, mais il faut prendre ce mot au sens large.

E/ Economie car dans mon œuvre l’économie à une forme qui peut être vu comme la symbolisation moderne d’un destin collectif, un destin que l’on voudrait nous imposer.

F/ Fourier c’était un homme de génie qui voulait tout changer, tout recommencer à zéro et fusionner l’amour et la politique ! Il recherchait la vérité en amour, l’harmonie dans la société, un peu comme un chimiste recherche une formule…

G/ Genre car je ne crois plus au genre, au style, bref à tous ces trucs qui construisent une identité artistique et économique.

H/ Hasard parce que la plupart de mes œuvres sont issues de rencontres fortuites avec les choses et les événements. Le hasard permet de donner aux idées et aux formes rencontrées une liberté d’action qui confère à chaque pièce une indépendance, une autonomie.

I/ Idée. Je crois que tout commence toujours par une idée, celle-ci peut être abstraite ou alors juste une intuition. J/ Jeu car il revient souvent dans mon travail. Je réinvente les règles d’apparition des choses en permanence.

kiwi-lamp1.jpgK/ Kiwi lamp est une œuvre qui a la forme du jeu, cela a sans doute quelque chose à voir avec l’enfance, jouer avec l’emballage plutôt qu’avec le produit…

L/ Le Ludique, c’est la seule solution sérieuse de travail que j’ai trouvé face aux conditions totalement aliénées de l'expérience de l’objet dans la vie quotidienne.

M/ Musée car avec la collection privée c’est la fin d’un processus.

N/ comme les Noix que j’ai collé sur chacune des images dans « De l’origine du monde jusqu’à nos jours ». La noix a été pour moi comme un outil pédagogique qui me permettait de rapporter des thèses et des vérités complexes à des figures simples.

O/ Ontologie car je m’intéresse à ces choses que l'on connaît mais dont on ne se soucie plus des raisons qui les ont amenées à "être".

P / Pour Projet. Lorsque j’ai commencé à travailler, je faisais uniquement des projets, on m’invitait à des expositions et je répondais par un projet. J’ai commencé à m’interroger sur cette idée de projet en art, car je n’étais pas très content de moi et de ce que je voyais dans les expositions de groupes. J’en suis donc venu à la conclusion que c’était sans doute lié à une question de temps : au plus on est demandé au moins on a de temps et au plus on va vite. C’était donc lié au système de production et de diffusion.

Q/ Je n’aime pas trop le terme « travailler sur le Quotidien », en effet, je ne travaille pas sur le quotidien, mais avec une économie quotidienne. Quand on se retrouve dans un milieu comme la maison, l’atelier ou la rue, on travaille avec ce qui nous entoure. Le quotidien, c’est juste l’étalon de mon activité. R/ Réification parce que si toutes les formes naissent de la contingence et de rencontres, elles finissent toujours réifiées.

S/ le mot Sourire pour vous faire plaisir : Je crois que c’est une grande satisfaction pour un artiste de décrocher un Sourire de la part d’un visiteur devant l’une de ces œuvres. A partir du moment où il l’a souhaité bien sûr…

T/ Total car j’ai l’ambition de créer une œuvre ou tout serait connecté.

emptyworld1.jpgU/ L’Unité c’est ce que je recherche, un lien organique entre le fond, la forme et l’idée.

V/ La Valeur symbolique des choses me fascine : un papier froissé de Picasso peut avoir la même valeur qu’un Jeff Koons de six mètres de long. C’est la valeur en tant que phénomène et en tant qu’acte qui est importante.

W/ Le White cube c’est quand même l’endroit le plus adapté a un travail comme le mien car il maintient les œuvres en tension et à distance.

X/ Le Xerox Book une œuvre de Art & Langage qui a été importante à un moment donné et qui semble être un peu oublié aujourd’hui par toute une génération d’artistes.

Y/ Yes simplement parce que je dis trop souvent No.

Z/ Le Zapping car beaucoup trop d’expositions de groupes ressemblent à des zappings en 3D.

27.06.2010

Titouan Lamazou et Michel Onfray ensemble contre la misogynie

lamazou-poupees-gonflables.jpg

« Sauf ma mère », tout est dit dans le titre évocateur de cette exposition consacrée au plasticien Titouan Lamazou à la Médiathèque d’Argentan (Orne), jusqu’au 18 septembre. Toute l’ignominie faite aux femmes dans le monde, toutes les insultes qui leur sont portées chaque jour au corps et à l’âme… La femme-objet est au cœur de la cinquantaine de dessins, peintures et photographies de Titouan Lamazou, une sélection opérée par le philosophe Michel Onfray. Après Vladimir Velickovic, Ernest Pignon-Ernest, Bettina Reims, Gérard Fromanger ou encore Valerio Adami, Titouan Lamazou est le 8e artiste à répondre à l’invitation du philosophe. Un fil conducteur : le corps éprouvé, le corps amoureux...

Alexia Guggemos_Michel Onfray.jpg« Les immenses photographies de Titouan Lamazou sont d’authentiques constructions conceptuelles, des assemblages de formes prélevées dans les milliards de pixels de centaines de clichés qui se trouvent reportées sur un théâtre scénographie par ses soins. Le prétendu réel pris sur le vif n’est pas un réel réel mais un réel virtuel constitutif d’un autre réel. Lequel ? Un réel politique et militant… », explique Michel Onfray. Ensemble, le philosophe et l’artiste livrent leur vision de la misogynie dans le monde dans un livre édité chez Gallimard. Le catalogue de l’exposition « Sauf ma mère » est un manifeste de 48 pages en hommage aux femmes battues, violées, prostituées… non pas seulement à Katmandou (Népal), Djibouti ou Nouadhibou (Mauritanie), mais aussi dans les quartiers chics de notre capitale. 100_0333.jpg« La différence entre les esclaves du passé et ceux d’aujourd’hui réside dans le fait que les immigrés contemporains financent eux-mêmes leur voyage. Les migrantes se livrent inconscientes à leur propre traite. Le puits de la désolation est sans fond », confie Titouan Lamazou. A l’appui, le portrait de Blessing, migrante nigériane, choisi pour illustrer l’affiche de l’exposition.
> Plus d'infos sur Titouan Lamazou

 

 

09.06.2010

Marina Abramovic made me cry

marina-abramovic.jpgLe face à face proposé par Marina Abramovic aux visiteurs du MoMa de New York aura duré 700 heures, entre larmes et sourires (diaporama). Du 14 mars au 31 mai, l'artiste serbe a invité les curieux à venir un par un s'assoir en face d'elle, derrière une table en bois, 7 heures par jour, du lundi au vendredi. Les yeux dans les yeux, les visiteurs sont restés entre 1 minute et plusieurs heures à fixer du regard la grande dame de la performance. Quelques célébrités se sont même prêtées à l'expérience, telles que Björk, Isabelle Hupert ou encore Lou Reed. Les témoignages évoquent la conversation silencieuse, l'émotion sous-jacente, entre joie et effroi.

Si au cours de ces 30 dernières années, Marina Abramovic, 64 ans, s'est confrontée à des actions brutales et souvent douloureuses, comme absorber des psychotropes ou encore avec son complice l'artiste allemand Ulay se tirer les cheveux pendant des heures ou se coller les lèvres pour respirer le même air juqu'à la suffocation, la rétrospective The Artist is Present que vient de lui consacrer par le MoMA et cette confrontation inédite avec le public fera sans doute date dans l'histoire de l'art.

> Voir le blog d'un des visiteurs Marina Abramovic made me cry

18.12.2009

Anthony Asael, Grand Prix du Festival du sourire 2009

Anthony Asael.jpg

Le photographe belge Anthony Asael, 35 ans, a reçu des mains de Sabine Weiss et de moi-même (photo) à la Maison Européenne de la Photographie, le Grand Prix du Festival du sourire 2009. Ce prix, que j'ai créé voici maintenant trois ans, est décerné par un jury présidé cette année par la célèbre photographe humaniste, pour récompenser la plus belle expression parmi plus de 3 500 clichés. Ces photos ont été recueillies lors du concours organisé sur Internet et dans les voitures iDTGV durant le mois de novembre, avec la participation de Kodak.

Globe-trotter, Anthony Asael a fondé  en 2004 l'association "Art in All of Us" dont l'objectif est de sensibiliser les enfants des pays les plus démunis à l'art sous toutes ses formes. C'est au cours de l'une de ses missions au Congo que la photo gagnante a été prise. De ses voyages, Anthony Asael a tiré un livre magnifique que je vous invite à commander sur le site www.artinallofus.org. "Ces sourires sont une ode à la vie" a reconnu Sabine Weiss. Rencontre avec Anthony Asael en quelques questions.

sabine-weiss_anthony-asael.jpg

Vous êtes le grand gagnant du Festival du sourire 2009. Dans quel contexte cette photo a t'elle été prise ?
Cette photo a été prise durant les ateliers de "Art in All of Us" au Congo. On y enseignait la photo « créative » dans une petite école de la banlieue de Brazzaville. Les élèves âgés de 9-10 ans apprenaient à manier un appareil photo et à l’utiliser pour exprimer des idées. Ici, le thème était les rêves. Il était midi. J'ai donc demandé aux enfants de s’imaginer 12 heures plus tard et chacun d’entre eux s'est alors imaginé regardant une étoile dans le ciel.

Quelle est la vocation de "Art in All of Us" ?
Je l'ai fondé avec Stephanie Rabemiafara, une jeune-femme d'origine malgache, il y a 5 ans. Notre association promeut la tolérance et les échanges culturels dans les écoles du monde en y organisant des ateliers créatifs. Soutenus par des organisations telles que l’UNICEF, SOS Villages Enfants, Fundacion America et avec l’aide indispensable de son important réseau de plus de 400 volontaires, nous développons des activités artistiques qui ont déjà touché plus de 18 400 enfants et 300 écoles dans 192 pays.

Comment le sourire s'est-il imposé dans vos clichés ?
Nous sommes assaillis d’images négatives. Je voudrais les contrebalancer  par des rires et des sourires qui font tant de bien à ceux qui les reçoivent ou les voient. On dit que le rire est contagieux, cependant je crois que les sourires le sont tout autant sinon plus, car ils restent avec nous tout au long de la journée. Stephanie a la même philosophie. On a besoin plus d'utopie dans la vie ! Je suis d'ailleurs ambassadeur de l'éducation artistique des enfants dans le monde dans la République utopiste d'Uzupis à Vilnius, en Lituanie, dont je viens de découvrir que vous êtes vous-même ambassadrice du sourire, Alexia ! C'est grâce au réseau Facebook et la page de la République d'zupis que j'ai appris l'existence de ce concours auquel j'ai eu tout de suite envie de participer. Nous suivons la même démarche sans nous connaître !

Anthony-Asael2.jpgSur les 192 pays traversés, pensez-vous qu'il existe des populations plus souriantes que d'autres ?
Même parmi les plus démunies on trouve des sourires ravageurs. Cependant, il y a deux pays où les sourires d’adultes m’ont marqué : le Sri Lanka et la Birmanie.

Dans la vie, quels ont été vos plus grands déclics ?
A l’âge de 5 ans, j'ai tenté mon premier voyage en solitaire sur un bateau pneumatique, prêt à traverser la Méditerranée ! Mais une patrouille italienne m'a retrouvé... Dans l’espoir de tempérer mes envies de découverte, ma mère m'a alors parlé de la passion qu’avait mon grand-père pour la photo. Ce fut peut-être mon premier (de)clic.

 

26.10.2009

Le Festival du sourire sur un iDTGV Paris-Marseille

Ambiance sympathique entre les supporters du PSG et ceux de l'OM, hier après-midi dans la voiture iDZinc sur l'iDTGV 7907 de Paris à Marseille. Malgré l'annulation du match, ils posaient joyeusement devant l'objectif des étudiants de l'ICART Photo dans le cadre du Festival du sourire. En compétition, ensemble, ils ont tenté de relever le défi du Maxi-sourire ! Quelques heures plus tard, gare saint-Charles, malheureusement, le sourire n'était plus de mise (vidéo)...

Grand concours photos sur le thème du sourire, du 24 octobre au 8 novembre
>www.festivaldusourire.com

 

12.10.2009

Maxi sourire pour un maxi Festival du sourire’09

nathan-nardin.jpgAuriez-vous dans vos albums photos un sourire totalement délire ? Oui ! Et bien tant mieux ! Vous allez pouvoir participer au Festival du sourire 2009...

Du 24 octobre au 8 novembre, j’organise le Festival du sourire en partenariat avec iDTGV, Kodak, et le Musée du sourire bien sûr, dont je suis la fondatrice. Objectif : dénicher les talents ! Ce concours photos, ouvert à tous, récompense les meilleures émotions du sourire. Un hommage joyeux à tous les photographes humanistes tels que Sabine Weiss, Martin Parr, Henri Cartier-Bresson ou Willy Ronis ...

Parmi les catégories : le plus beau sourire, le sourire d'un enfant, un duo de sourires, et le « maxi sourire » (le plus de sourires sur une même photo) - Attention au photomontage, j’ai l’œil !
Le défi est lancé. Cheeeeese !

> Participez au Festival du sourire 2009 www.festivaldusourire.com

> Découvrez les sourires de l'édition précédente, sur www.linternaute.com
(photo : Nathan Nardin, Grand Prix du 1er Festival du sourire)

logo_festivalsourire_2009.jpg

03.09.2009

Evene.fr zoome sur Délire de l'art

evene-deliredelart.jpgVous voulez tout savoir sur le blog Délire de l'art ? Emilie Trochu sur Evene.fr a décrypté le blog. "De l'art drôle, décalé, surprenant"... à lire dès aujourd'hui. La rédaction du portail culturel a fait de la figurine Takashi Murakami une mascotte, j'adore !

> www.evene.fr

logo-deliredelart.jpg

29.07.2009

Bob l'éponge s'invite au musée

bob eponge expo.jpg

Plongée dans l'Histoire de l'art pour les tout-petits à travers le personnage loufoque de Bob l'éponge qui s'invite au musée... c'est ce que propose le Pavillon de l'eau à Paris, jusqu'au 21 novembre. L'occasion ? Les 10 ans de Bob l'éponge le dessin animé imaginé par le réalisateur américain Stephen Hillenburg, également biologiste marin. Tout de jaune vêtu, une pêche d'enfer, Bob détourne et s'incruste dans des œuvres de grands artistes, Van Gogh, De Vinci, Magritte... ou ici Georges Seurat (1856-1891) dans "Un Dimanche après-midi à l'ïle de la Grande Jatte". L'expo est parrainée par le WWF, et pour cause ! Voici le moyen de sensibiliser les enfants à l'eau douce, la mer (dans laquelle vit Bob), et la préservation de l'environnement.

> En savoir plus www.pavillondeleau.fr


15.05.2009

Parcours des musées: les 10 chefs-d'oeuvre du sourire

 

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09.02.2009

Les yeux de la Joconde tout juste à dévorer

jocondo.jpg

Quand l'Art se déguste, je passe à table ! Aujourd'hui, à l'heure du déjeuner, je suis allée admirer les yeux de Monna Lisa, non pas au Louvre, mais chez Fauchon, place de la Madeleine à Paris ! Depuis quelques jours, on y trouve l'éclair "Madame Joconde" composé d'une crème d'amande et d'un glaçage au chocolat. Cette oeuvre gourmande signée Christophe Adam, chef pâtissier de Fauchon, vient d'être primée au Best Teatime Treat aux Wallpapers Design 2009. Parmi le jury, Inès de la Fressange ou encore Jean Nouvel. Vendu 6 euros, il se savoure sous la langue. Un pur de moment de (cher) délice même si côté éclair, je suis plutôt café !

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